Pérou: Fujimori pourrait être jugé pour crimes de «lèse humanité»

La Commission du congrès approuve une motion

Lima, 14 juin 2001 (APIC) La commission permanente du Congrès péruvien a approuvé une motion recommandant à l’assemblée de dénoncer formellement le président déchu Alberto Fujimori – en fuite au Japon – pour la mort de 25 personnes, tuées dans deux massacres commis sous son administration.

Le Congrès devra maintenant décider de ratifier, ou non, la motion contre Fujimori, réfugié au Japon depuis le mois de novembre. Si l’assemblée donne son feu vert, l’ex-président devra affronter un procès pénal pour « crimes de lèse humanité », motif pour lequel une demande d’extradition sera adressée à Tokyo.

Les accusations formulées à l’encontre de Fujimori concernent le massacre de 15 civils à Barrios Altos en 1991 et les meurtres de 9 étudiants et d’un professeur de l’Université Enrique Guzman y Balle, mieux connue comme « La Cantuta », commis à Lima en 1992. Le « Groupe Colina » est l’auteur présumé des homicides. Il s’agit d’une équipe paramilitaire accusée d’avoir torturé et tué un certain nombre d’opposants à Fujimori et des paysans rangés aux côtés de la guérilla dans les années 90.

On présume que le groupe armé, guidé par l’ancien major de l’armée Rivas – récemment livré à la justice – répondait aux ordres de l’ancien chef `de facto’ des services secrets péruviens (Sin) et bras droit de Fujimori, Vladimiro Montesinos. Ce dernier est recherché par les autorités depuis le mois de septembre dernier.

Le réseau de la corruption

Le réseau de corruption élaboré par l’ancien conseiller présidentiel Vladimiro Montesinos a coûté au Pérou au moins 380 millions de dollars, révèle en outre le rapport conclusif de la Commission parlementaire d’enquête sur le scandale à l’origine de la chute de Fujimori, en septenbre dernier.

A l’issue de 196 jours d’enquête, l’organisme a par exemple révélé que pour l’achat de trois avions Mig-29 sous le second gouvernement Fujimori, plus de 80 millions de dollars avaient été dépensés. Le détournement de fonds publics par le président et par son bras droit, Montesinos, concerne en outre les pensions des militaires et l’achat de terrains, d’immeubles, d’hôtels et d’autres biens à des prix excessifs.

Le rapport de la Commission révèle les noms de plus de 160 personnes impliquées dans des activités illicites de Montesinos. Les enquêteurs ont actuellement gelé plus de 150 millions de dollars déposés sur les comptes de plusieurs banques étrangères – dont la Suisse – par l’ancien chef `de facto’ des Services secrets nationaux (Sin), recherché pour appropriation indue, blanchiment d’argent sale, implication dans des trafics de drogue et d’armes. (apic/mna/pr)

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