APIC Dossier
Jean Paul II sera en Ukraine du 23 au 27 juin à la rencontre des catholiques
Il y poursuivra son oeuvre d’unité malgré les obstacles
Rome, 14 juin 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II se rendra en Ukraine du 23 au 27 juin à la rencontre des catholiques des deux rites, latin et byzantin, qui représentent environs 20% de la population. Après ses voyages en Roumanie en mai 1999 et récemment en Grèce, le pape poursuivra, dans ce pays à majorité orthodoxe, son oeuvre d’unité malgré les obstacles. En effet, le métropolite orthodoxe lié à Moscou à déjà fait savoir qu’il ne souhaitait pas rencontrer le pape.
« Je viens en Ukraine, pour confirmer la foi des catholiques ukrainiens qui sont nombreux et bien enracinés dans le pays », a écrit Jean Paul II le 26 mars dernier, dans une lettre adressée au métropolite orthodoxe Vladimir de Kiev, du patriarcat de Moscou, qui lui avait auparavant demandé de reporter sa visite. Ce dernier a officiellement annoncé par la suite qu’il ne se rendrait pas à l’unique occasion de rencontre avec le pape, le 24 juin, lorsque les représentants des différentes religions se réuniront à Kiev. En revanche, Philarète, le chef du « patriarcat orthodoxe de Kiev », indépendant et non reconnu par Moscou, continue pour sa part de se réjouir de la venue du pape qui aura deux occasions principales de toucher le coeur des Ukrainiens, lors de sa rencontre avec les jeunes le 26 juin ils sont plusieurs centaines de milliers à être attendus et lors de deux cérémonies où il béatifiera des catholiques qui ont défendu leur foi en face de l’oppression communiste.
Président de la République ukrainienne depuis 1994, Leonid Kouchma partisan d’un régime présidentiel autoritaire – n’a pas hésité à affirmer le 30 mai dernier, lors d’une visite au comité d’organisation, qu’il était « parfaitement conscient » de l’importance de la venue du pape pour « l’image de l’Ukraine ». Pour lui, « cette visite est nécessaire afin de montrer que l’Ukraine est un pays européen et tolérant ». Il sera le premier à accueillir Jean Paul II à son arrivée, le 23 juin, lors d’une cérémonie de bienvenue à l’aéroport international de Boryspil, à Kiev.
Moins démonstratif?
L’accueil du pape à Kiev, capitale de l’Ukraine, ville traditionnellement proche de la Russie et où le nombre de catholiques est peu élevé, sera sans doute moins démonstratif qu’à Lviv, en Ukraine occidentale.
D’un point de vue politique et économique, l’Ukraine a fait l’expérience de nombreuses difficultés et les tensions politiques des derniers mois ont montré combien l’Ukraine, après dix d’années d’indépendance – la période la plus longue de son histoire depuis 1240 -, avait encore du mal à trouver son identité propre dans un équilibre entre la Fédération de Russie et l’Occident. Pourtant, le 13 juin, lors d’une intervention en Slovaquie, le président Leonid Kouchma aurait affirmé qu’il n’avait « aucune intention d’adhérer à un pacte avec la Fédération de Russie auquel adhère déjà la Biélorussie ». « Au contraire aurait-il affirmé, nous sommes largement tournés vers l’Europe car si nous avons obtenu notre souveraineté, ce n’est pas pour la perdre à nouveau ».
Le salaire moyen d’un Ukrainien est de 140 francs français par mois et la mafia économico-politique fait régner un climat de corruption généralisée. Le pape rappellera sans doute les dangers du matérialisme et de l’individualisme pour une population qui constate que l’ouverture à l’Ouest ne répond pas à ses attentes.
Sous les regard des orthodoxes
Lors de son séjour à Kiev, Jean Paul II devrait passer en papamobile devant deux lieux symboliques de l’histoire récente de l’Ukraine. L’un des mémorial, Babyn Yar, a été construit en commémoration du massacre des juifs entre 1940 et 1942 et l’autre, Bykovnya, a été construit en commémoration des victimes de la police secrète soviétique, le NKVD.
Le pape ira à la rencontre des catholiques de rite latin et de rite grec catholique lors de deux messes les 24 et 25 juin et il déjeunera avec une trentaine d’évêques ukrainiens des deux rites le 24 juin. Au cours de ces rencontres, les interventions de Jean Paul II seront suivies de très près par les orthodoxes. Les catholiques sont en effets accusés régulièrement de prosélytisme sur le « territoire canonique du patriarcat de Moscou et de toutes les Russies ». Cette notion de « territoire canonique » est très floue et se mélange volontiers avec les frontières de l’ancien « Imperium ».
Jean-Paul II devrait par ailleurs mettre l’accent sur le culte de Marie, qui comme l’affirme Mgr Michel Hrynchyshyn, exarque apostolique des Ukrainiens à Paris, est « extrêmement populaire en Ukraine ».
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