Dacca, 15 juin 2001 (APIC) La police a arrêté quatre militants musulmans à la suite de l’attentat à la bombe perpétré le dimanche 3 juin durant la messe de Pentecôte dans une église catholique du Bangladesh. Dix jeunes – pour la plupart des membres du choeur – ont été tués et 14 blessés lorsque la bombe, cachée parmi des livres, a explosé dans l’église de Baniarchar, dans le district de Gopalganj, à 300 kilomètres au sud de Dacca.
Le 9 juin, la police a arrêté quatre personnes qui appartiendraient au groupe militant musulman Harkat-ul-Jihad. Les quatre hommes ont été placés en détention car ils sont soupçonnés d’avoir organisé l’attentat, a déclaré l’officier de police. L’un des quatre suspects, Moulana Mohammad Akbar, vice-directeur d’une école islamique de Dacca, s’est récemment rendu en Afghanistan ou` il a appris à fabriquer des bombes, a expliqué l’officier de police aux journalistes.
«L’enquête n’a pratiquement pas progressé», a déclaré pour sa part l’archevêque Michael Rozario, de Dacca, président de la Conférence épiscopale du Bangladesh, à l’agence de presse ENI. «Je ne suis pas convaincu que la police détienne des preuves suffisantes contre ceux qu’elle a arrêtés.» Les arrestations pourraient avoir comme but de détourner l’attention et ne «mener à rien» à moins que des preuves concrètes ne soient apportées, a ajouté l’archevêque qui est responsable des 250’000 catholiques du Bangladesh.
«Nous ne savons même pas qui l’a fait et pourquoi», a continué l’archevêque. «C’est dans les journaux que j’ai appris qu’il y avait eu des arrestations, mais je n’ai pas été contacté officiellement par la police ou le gouvernement.»
Des groupements veulent un gouvernement coranique
Quant à Mgr Mondal, président de la Conférence épiscopale du Bangladesh, il pense que les «vrais coupables doivent encore être arrêtés». Toutefois, il a fait observer que l’on soupçonnait des groupes fondamentalistes musulmans «de vouloir en finir avec la laïcité au Bangladesh pour établir un gouvernement coranique».
Soulignant que l’attentat n’était pas «un accident isolé», l’évêque Mondal a rappelé qu’il y avait plusieurs tentatives d’attaques contre des événements culturels de l’Eglise et même des actes de «pillages» dans les instituts chrétiens. «Cet attentat a choqué la nation tout entière, comme le montrent les protestations de la semaine dernière», a ajouté l’évêque qui a participé à une manifestation réunissant des centaines de chrétiens et musulmans à Dacca le 7 juin.
Pour Mgr Mondal, l’attentat devrait être vu «dans le contexte des attaques perpétrées non seulement contre les minorités mais aussi contre les musulmans à l’esprit libéral par ceux qui ne veulent plus de la laïcité».
Le Bangladesh, nation de 130 millions d’habitants, dont 90 % sont musulmans, compte 400’000 chrétiens. (apic/eni/bb)
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