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Nuit africaine au KKL de Lucerne
Lucerne, 20 juin 2001 (APIC) Depuis 4 décennies, l’Action de Carême travaille à la solidarité avec les populations pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine qui luttent pour leur dignité et un avenir meilleur. Elle marque cette date par une « Nuit africaine » au KKL de Lucerne.
Samedi 30 juin, pour son 40ème anniversaire, l’œuvre d’entraide des catholiques suisses vibrera, au Centre de culture et de congrès (KKL) de Lucerne, aux rythmes de la musique africaine. Une manière de souligner une nouvelle fois son appui à la quête d’autonomie des peuples du Sud et son engagement en faveur d’une Eglise vivante en Suisse.
La première « campagne de carême » date de 1961, en pleine période de décolonisation en Afrique. Ce qu’on appelle alors le « tiers monde » se réveille et cherche à s’affirmer sur la scène internationale. C’est l’époque de Kennedy et de « l’Alliance pour le Progrès » en faveur de l’Amérique latine. Au même moment, le pape Jean XXIII, l’initiateur du Concile Vatican II, fait passer un souffle d’ouverture sur l’Eglise catholique. Une Eglise catholique qui, en Suisse, s’éveille au souci de la solidarité avec les peuples du Sud en quête de libération.
En 40 ans, 700 millions de francs pour la solidarité
Tout à fait non officielle, la première campagne de carême est lancée en 1961, à l’initiative d’un laïc lucernois, Meinrad Hengartner. Il propose au mouvement de la jeunesse catholique cette initiative qui allait rapidement enthousiasmer les évêques eux-mêmes: l’Action de Carême. Ainsi s’est instituée une campagne annuelle d’information et conscientisation, couplée à une collecte durant le temps de carême, dont l’envergure allait vite dépasser tout ce qui se faisait jusque-là.
En 40 ans, quelque 700 millions de francs ont été ainsi récoltés, un montant investi dans des milliers de projets de développement et d’aide pastorale à travers le monde. L’Action de Carême, qui cofinance également, avec la Conférence centrale catholique romaine de Suisse (CCCRS/RKZ), des projets d’Eglise en Suisse, compte aujourd’hui parmi les plus importantes organisations catholiques de solidarité.
Très rapidement, l’Action de Carême, dans le cadre de la campagne oecuménique de carême, va s’associer à son homologue protestant, Pain pour le prochain, organisme fondé en 1961 par la Fédération des Eglises protestantes de la Suisse. Elle participe également avec Pain pour le prochain et d’autres partenaires à la Communauté de travail des œuvres d’entraide suisses.
Pour un développement durable, priorité aux plus défavorisés
En 2001, l’Action de Carême investit dans 400 projets répartis dans 30 pays. La philosophie de ces projets part de l’idée suivante: ne pas créer une dépendance durable, mais renforcer les capacités des partenaires à l’auto-promotion. L’Action de Carême s’engage là où des êtres humains sont l’objet de discrimination du fait de leur sexe, de leur appartenance ethnique ou religieuse ou pour d’autres raisons socio-économiques, relève l’œuvre d’entraide dans un communiqué.
Le travail d’information, l’éducation interculturelle, des prises de position sur les questions de politique de développement font partie, selon l’Action de Carême, de toute démarche cohérente et intégrale vers un développement durable. Ses partenaires sont variés. Il peut s’agir de groupements villageois, de paroisses, de groupes de femmes, d’organisations paysannes…
A l’occasion de son 40ème anniversaire, l’Action de Carême s’interroge sur le passé. « Le monde a-t-il changé en 40 ans? S’est-il développé? Le clivage entre riches et pauvres s’est-il atténué? Nous savons que la réponse est non! », constate l’Action de Carême. Pour l’œuvre d’entraide basée à Lucerne et à Lausanne, le monde se globalise, mais en créant de plus en plus d’exclus. Le monde est toujours en quête de sens, en quête de paix véritable, cette paix qui est le fruit de la justice, souligne-t-elle.
Des enjeux nouveaux
Les 40 ans de l’Action de Carême sont pour elle l’occasion de réfléchir aux nouveaux enjeux à prendre en compte pour s’engager, aux côtés de ses partenaires, dans leur combat pour plus de justice, de dignité, d’espérance. Un objectif que résume le concept de développement durable. Un concept exigeant, qui met l’économie et la finance au service de la société dans toutes ses composantes, qui se soucie des intérêts des générations futures, qui endosse une responsabilité envers l’environnement. C’est dans la ligne d’une telle philosophie que l’Action de Carême entend poursuivre son engagement auprès des exclus dans les années à venir.
L’Action de Carême a choisi de s’associer à l’Afrique, ce « continent oublié », pour entrer dans cette phase nouvelle. La nuit africaine (cf. encadré) organisée à Lucerne le 30 juin prochain veut marquer symboliquement l’entrée dans cette phase nouvelle. « Nous voulons fêter dans la joie et le rythme notre volonté de continuer à accompagner ces hommes et ces femmes qui refusent de baisser les bras », écrit l’Action de Carême dans une invitation adressée au public suisse. (apic/be)
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