B ATD Quart Monde interpelle l’Europe sur ses objectifs sociaux

«Les parents, premiers partenaires de l’avenir des enfants»

Bruxelles, 20 juin 2001 (APIC) ATD Quart Monde interpelle l’Europe sur ses objectifs sociaux. «Les parents, insiste le mouvement, doivent être les premiers partenaires de l’avenir des enfants».

Dans le cadre d’une session de ses Universités populaires tenue le 18 juin à Bruxelles, le mouvement international ATD Quart Monde a interpellé les instances européennes sur les objectifs que l’Union Européenne s’est donnés pour combattre la pauvreté et l’exclusion. Le mouvement fondé il y a près de 30 ans par le Père Joseph Wresinski tient à ce que l’Europe considère les parents comme les «premiers partenaires de l’avenir des enfants».

Une décision très importante et peu mise en relief a été prise à Nice en décembre 2000: les Quinze Etats membres de l’Union européenne y ont adopté quatre grands «objectifs de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale». Le premier est de promouvoir la participation à l’emploi et l’accès de tous aux ressources, aux droits, aux biens et services (par exemple, l’accès au logement, à l’éducation, à la justice). Deuxième objectif: prévenir les risques d’exclusion (tant par l’école que par le surendettement…). Les Quinze insistent ensuite sur l’action pour les plus vulnérables, par exemple sur un programme de lutte contre la pauvreté persistante. Dernier objectif: mobiliser l’ensemble des acteurs. Atteindre ces quatre objectifs serait une «avancée considérable», reconnaît le mouvement ATD Quart Monde. Mais ses dirigeants s’étonnent: comment se fait-il que la vie familiale soit aussi peu prise en compte par l’Europe. «A quoi bon vouloir lutter contre l’exclusion si rien n’est fait pour renforcer les solidarités familiales, si précieuses pour vaincre la pauvreté ou pour éviter une misère plus grande».

Les familles du Quart Monde ne reprochent pas à l’Europe de ne rien faire pour elles, mais de les considérer trop peu en partenaires. On imagine même des projets pour les pauvres, mais non de quoi soutenir les efforts entrepris par des millions de familles pour que leurs enfants échappent à la misère.

Décalage

Ce décalage d’optique par rapport aux familles pauvres a été discuté dans plusieurs ateliers le 18 juin à Bruxelles. Le décalage s’observe dès le départ: les familles pauvres ne manquent pas de projets, mais sont souvent empêchées de les mettre en oeuvre par les conditions matérielles d’existence. Ces familles tiennent à leurs enfants; or il arrive que ceux-ci soient mis en marge de l’école, ou placés par la Justice pour des raisons qui échappent aux parents.

Il y a pourtant des pistes alternatives, dont les représentants du Quart Monde ont fait état. C’est le cas des ateliers créatifs où les familles pauvres puisent une stimulation inattendue pour divers projets. Certains parcours d’insertion professionnelle se révèlent aussi plus performants que d’autres quand ils ont été conçus en dialogue étroit avec les familles concernées. On a même trouvé mieux que l’exploit d’huissier pour mettre fin à l’endettement: le service de médiation.

Cette session des Universités populaires du Quart Monde était la septième du genre au plan européen. Le principe même de l’Université populaire est de permettre à des représentants du milieu populaire et de familles démunies de confronter leurs vues à d’autres interlocuteurs de la société. A Bruxelles, la session avait été mise sur pied en collaboration avec le Comité Economique et Social Européen. Elle a réuni quelque deux cents personnes: fonctionnaires, parlementaires et représentants de différentes instances européennes, délégués du Quart Monde et autres responsables d’organisations non gouvernementales. (apic/cip/pr)

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