Suisse: La fenêtre pour bébés fait l’objet d’une expertise de la Confédération
Einsiedeln, 20 juin 2001 (APIC) Selon l’Office fédéral de la justice, la fenêtre installée le 9 mai à l’hôpital d’Einsiedeln pour recueillir les bébés abandonnés pose des questions juridiques non résolues. Sa directrice adjointe Ruth Reusser a annoncé qu’une expertise à ce sujet est actuellement menée par la Confédération. L’installation de cette fenêtre, qui n’a recueilli aucun bébé jusqu’à maintenant, est le fruit de l’initiative commune de l’organisation «Aide suisse pour la mère et l’enfant» (ASME) et de la direction de l’hôpital régional d’Einsiedeln.
Selon Ruth Reusser, l’installation de cette fenêtre pose des problèmes de droits civil et pénal. Il est clair qu’une mère voulant abandonner son enfant, lequel est inscrit au registre d’Etat civil, a l’obligation de l’annoncer et elle ne peut le faire d’une façon anonyme, a affirmé la directrice adjointe de l’Office fédéral de la Justice dans les colonnes du journal «Einsiedler Anzeiger» du 19 juin. Elle se demande également si la garantie d’anonymat n’est pas contraire aux droits de l’enfant.
Au contraire d’un abandon, la remise anonyme d’un enfant dans un hôpital est conforme à la loi, prétend pour sa part l’ASME, s’appuyant sur sa propre analyse juridique. L’association affirme qu’elle ne comprend pas pourquoi la confédération entreprend une expertise sur cette question.
Bonnes réactions dans la population
Selon les indications de l’administrateur de l’hôpital, Josef Schönbächler, la fenêtre n’a pas encore été utilisée depuis son installation, il y a six semaines. Ce qui ne le surprend pas, lui qui estime qu’il n’y aura pas plus d’un abandon par année. L’administrateur affirme que cette initiative a recueilli essentiellement de bonnes réactions de la part de la population.
Josef Schönbächler réfute dans les colonnes du journal «Einsiedler Anzeiger» le reproche selon lequel l’hôpital entre en pratique dans les vues de l’ASME, laquelle s’oppose à l’avortement et rassemble des signatures contre la solution des délais arrêtée par le parlement fédéral. «Nous ne sommes pas concernés par les positions politiques de l’ASME. Nous sommes indépendants», assure-t-il.
L’administrateur de l’hôpital d’Einsiedeln n’est pas seulement un défenseur de la fenêtre pour bébés. Il pourrait également s’imaginer que son hôpital accueille des naissances anonymes. Mais malheureusement, la loi suisse ne le permet pas, souligne-t-il, contrairement à la France et à l’Allemagne. (apic/job/bb)
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