94ème voyage de Jean-Paul II hors d’Italie – samedi et dimanche
Le pape demande pardon aux orthodoxes d’Ukraine
De notre envoyée spéciale à Kiev, Sophie de Ravinel
Kiev, 23 juin 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II est arrivé samedi en fin de matinée en Ukraine pour une visite controversée de cinq jours. Premier discours et premier geste du pape: il a demandé pardon aux orthodoxes d’Ukraine, berceau de l’orthodoxie. Le soir, le pape a rencontré les intellectuels ukrainiens et le président Leonid Kuchma.
Ce 94e voyage hors d’Italie risque cependant d’envenimer les relations déjà tendues avec l’Eglise orthodoxe russe d’Alexis II, patriarche de Moscou, qui accuse le pape de prosélytisme. Une Eglise orthodoxe russe jalouse de son influence dans cette ex-république soviétique.
Sous un ciel mitigé, quelques rayons de soleil ayant réussi à percer les nuages, que le pape, a demandé pardon pour les erreurs commises dans le passé. Il a pardonné ceux qui fait du tort aux catholiques.
Même si bon d’Ukrainiens en habit traditionnel sont venus accueillir le pape à l’aéroport international de Boryspil, il s’agissait avant tout d’un accueil officiel, mené par le président de la république d’Ukraine, Leonid Kuchma, par le corps diplomatique et par les autorités catholiques de l’Ukraine: les cardinaux Lubomyr Husar, archevêque majeur des grecs catholiques d’Ukraine accompagné de Mgr Wasyl Medwit, exarque de Kiev, Marian Jaworski, archevêque de Lviv des latins accompagné de Mgr Jan Purwinski évêque des latins à Kiev et le nonce apostolique en Ukraine, Mgr Nikola Eterovic.
Intense émotion du pape
«J’ai longuement attendu cette visite et j’ai intensément prié pour qu’elle puisse se réaliser», a-t-il ainsi affirmé, en qualifiant «d’intense» son émotion et sa joie. «Je ne suis pas venu avec des intentions prosélytes, mais pour témoigner du Christ et inviter les chrétiens de toutes les confessions à tourner leur regard vers lui». Dans cet esprit, le pape a «particulièrement» salué les orthodoxes, «qui constituent la majorité des citoyens du pays». Il a ensuite souhaité «rappeler les périodes lumineuses que l’histoire des rapports entre Rome et Kiev a connues», mais aussi «les périodes tristes».
Le «souhait le plus vif» du pape, est que «les erreurs du passé ne se répètent pas dans l’avenir». «Le monde change rapidement, a-t-il enfin affirmé en évoquant la pleine communion entre les chrétiens, et ce qui était impensable hier apparaît à portée de main aujourd’hui».
A propos de Tchernobyl
Le pape a par ailleurs remercié ses frères dans l’épiscopat des deux traditions catholiques, orientales et occidentales, et s’est réjoui par avance, «des occasions qui, dans les prochains jours, nous permettront de nous retrouver unis dans la prière du Christ». «Quel poids immense de souffrance avez-vous supportez par le passé!», s’est-il ensuite exclamé, avant d’évoquer leur «réorganisation enthousiaste».
Une nouvelle pierre à la construction européenne
Pour sa part, le président Leonid Kuchma a accueilli Jean Paul II comme le chef de l’Eglise catholique mais également comme le champion des droits de l’homme, l’ennemi du totalitarisme et des conflits fratricides, a-t-il affirmé. Le président Kuchma e enfin souhaité que cette visite de Jean Paul II soit l’occasion d’ajouter une pierre nouvelle à la construction européenne».
Plusieurs dizaine d’invités officiels et de religieux sont venus saluer le pape assis sous la tente rouge bousculée par le vent. Jean Paul II s’est rendu à Kiev, et s’est arrêté aux portes de la ville, devant l’Eglise grecque-catholique de Saint-Nicolas, pour une brève prière. Il est ensuite monté dans la papamobile afin d’être vu par les milliers de pèlerins qui occupaient les grandes avenues de la ville. (apic/sdr/pr)
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