Kiev: Quelques dizaines de milliers de catholiques de rite latin ont bravé le crachin
De notre envoyée spéciale à Kiev, Sophie de Ravinel
Kiev, 24 juin 2001 (APIC) Quelques dizaines de milliers les catholiques de rite latin ont braver le crachin pour assister à la première grande célébration liturgique présidée par Jean Paul II sur sol ukrainien. Alors qu’on en attendait trois fois plus dimanche 24 juin, à l’aéroport de Chayka situé à 20km de Kiev.
De très vieux bus, cabossés et délavées, ont déversé plusieurs heures avant la célébration une foule bigarrée d’hommes et de femmes portant les traditionnels fichus colorés. Elles sont restées stoïques sous la pluie fine durant toute la cérémonie. Comme les nombreux militaires (30’000 agents de sécurité sont mobilisés pour les cinq jours que dure le voyage), à l’allure martiale en tenue de combat, béret rouge et longue pèlerine noire.
Dans sa papamobile, le pape a traversé la foule moins compacte que prévue mais très recueillie. Au cours de son homélie, il a invité les fidèles à entretenir le riche patrimoine spirituel de l’Ukraine. Il a également proposé de prendre saint Jean-Baptiste comme modèle d’unité entre les chrétiens, un « modèle de fidélité à Dieu et à sa loi, mais aussi modèle de foi, de courage, d’humilité et de cohérence ».
Modèle de cohérence
La foule – venue en majeure partie de Kiev – et le petit groupe de catholiques accouru de Moscou, s’est rapproché du podium et des groupes de catholiques venus de Biélorussie, d’Arménie, du Kazakhstan ou de l’Ouzbékistan.
Si la première cérémonie de Jean-Paul II a été prévue en rite latin alors que les catholiques de ce rite sont minoritaires en Ukraine, c’est pour que le patriarche de l’Occident puisse présider et célébrer la cérémonie religieuse.
Jean Paul II a demandé à la trentaine d’évêques catholiques ukrainiens des deux rites, qu’il a rencontrés à l’issue de la cérémonie, de collaborer étroitement.
Il a rendu hommage aux martyrs religieux du totalitarisme, parmi vous, a affirmé Jean-Paul II aux évêques, se trouvent encore des personnes qui ont fait l’expérience de la prison et de la persécution. Pour le pape, « l’unité dans la diversité est aussi le moyen le plus efficace pour répondre aux complexes défis pastoraux de l’Ukraine ».
Les défis pastoraux de l’Ukraine
L’un d’eux est la famille « en crise en raison des mutations sociales ». « En témoignent, a-t-il affirmé, le nombre des divorces et des avortements ». La seconde priorité pastorale, ce sont les jeunes » désorientés et recherchant des formes d’évasions préoccupantes ». Le pape a enfin fait une allusion aux « nombreux fidèles de la diaspora, qui ont aussi besoin de cette unité ».
Jean-Paul II devait ensuite rejoindre, après un temps de repos, le palais de la philharmonique, en plein centre de Kiev, pour y rencontrer une vingtaine de membres du Conseil des organisations religieuses ukrainienne. En l’absence du métropolite Vladimir de Kiev, du patriarcat de Moscou. Suivant les consignes du patriarche de Moscou, Alexis II, le métropolite Vladimir a annoncé qu’il ne souhaitait pas rencontrer le Pape et qu’il serait en dehors de Kiev durant sa visite. Les représentants des deux Eglises orthodoxes indépendantes de Moscou ont déjà, quant à elles, déclaré leur satisfaction de pouvoir saluer Jean-Paul II. (apic/imed/mjp)
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