Mobilisation policière plus importante que pour Bill Clinton

Grèce: Mesures de sécurité extraordinaires pour la visite du pape à Athènes

Athènes, 1er mai 2001 (APIC) Les menaces de manifestations et d’intimidations contre la visite du pape Jean Paul II en Grèce sont prises aux sérieux par les autorités du pays. Des mesures de sécurité draconiennes ont été prises par le ministère grec de l’ordre public en vue de cette visite, les 4 et 5 mai. Près de 5’000 policiers sont mobilisés pour la circonstance. Plus que pour la visite de Bill Clinton, en novembre 1999.

Même si le programme exact de la mobilisation policière ne sera connu que mardi, « on sait d’ores et déjà que 4’500 policiers, un record, seront déployés vendredi, premier jour de la visite papale », a indiqué un responsable de la police ayant requis l’anonymat.

On assiste en effet en Grèce à une campagne médiatique hostile à la venue du pape, liée à des raisons historiques, théologiques, culturelles. On évoque de possibles attentats terroristes tandis que la capitale grecque est tapissée d’affiches de groupes intégristes qui proclament: « Non à la bête de l’Apocalypse ». Quant au moines intégristes du Mont Athos, ils prient « encore et toujours pour que cette visite ne se fasse pas.

A trois jours du début de ce voyage, l’hostilité des milieux orthodoxes fondamentalistes ne fait que croître. Le cardinal Moussa Daoud, ancien patriarche d’Antioche des Syriens, a été déclarée persona non grata en Grèce par ces milieux ultras. Il a renoncé à accompagner le pape à Athènes. Le péché capital du prélat: il est uniate, c’est-à-dire qu’il est un chrétien de rite oriental uni à Rome.

L’huile sur le feu ne fait que se répandre. Il y a une dizaine de jours, un groupe anarchiste a revendiqué un attentat à l’explosif dans le centre d’Athènes. L’engin, de fabrication artisanale, avait été posé devant les bureaux du patriarcat œcuménique de l’Eglise orthodoxe. L’explosion n’a fait aucune victime.

Agitation anti-papale

Mais il y a aussi des intellectuels qui ne pensent pas ainsi. Dans un article publié sur le journal grec Katimerini (Le Quotidien), le théologien orthodoxe Aristidis Panotis déclare que la polémique soulevée contre le pape et contre sa venue en Grèce est « absurde ». Il qualifie d’anachroniques l’incapacité de dialogue et la tendance des orthodoxes à présenter les catholiques sous des traits infamants. La population grecque, quant à elle aussi, ne semble pas se laisser impressionner par toute cette agitation anti-papale: « Les gens l’attendent avec curiosité, sans se laisser conditionner « , explique le Père Spiteris.

où il officiera la messe dans un stade couvert avant de se rendre à l’aéroport pour Damas. « Le nombre des policiers sera alors plus réduit. Il n’y aura que 2’500 personnes » sur sa route et dans le stade, a-t-il estimé.

Attentat

Pour comparer l’importance des mesures et des agents déployés, ce responsable a rappelé que lors de la visite du président américain Bill Clinton en Grèce, (13-15 novembre 1999) un dispositif de 4’000 policiers était déployé chaque jour. Ce haut fonctionnaire de la police a aussi précisé à l’AFP qu’il a été procédé depuis quelques jours à un renforcement des mesures de sécurité concernant la Cathédrale (catholique) de Saint-Denis en plein centre d’Athènes et des autres églises et établissements catholiques et uniates (de rite byzantin) de l’Attique. « Nous désirons à tout prix éviter des actions de gens irresponsables, même des mini-attentats comme ceux qui sont l’oeuvre des éléments anarchistes ou anarchisants » qui frappent souvent dans la capitale grecque sans victimes ou dégâts importants, a-t-il dit.

Le pape entamera son « pèlerinage jubilaire sur les traces de saint Paul » vendredi à Athènes. Après une courte réception à l’aéroport où il sera reçu par le ministre grec des Affaires étrangères Georges Papandréou, il sera officiellement accueilli par le chef de l’Etat Costis Stéphanopoulos.

Le point chaud de la visite du pape est sa présence vendredi aprèès-midi à l’Aréopage, où selon la tradition, l’apôtre Paul s’adressa (50 après JC) aux Athéniens alors païens. Mgr. Christodoulos assistera aussi à cette cérémonie non religieuse, au cours de laquelle une « déclaration commune » sur les origines de l’Europe et son avenir doit être lue notamment.

Les mesures de sécurité seront déployées tout au long du parcours que le pape effectuera dans la voiture personnelle blindée du président Stéphanopoulos. Sa papamobile habituelle ne sera pas du voyage mais attendra le pape à Damas, a précisé de son côté le porte-parole de la Conférence épiscopale catholique de Grèce Nicos Gasparakis. (apic/ag/fs/pr)

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