La scandaleuse traite des femmes

Espagne: Les évêques accusent Internet d’être complice du marché d’êtres humains

Madrid, 2 mai 2001 (APIC) La traite des femmes est «l’une des plus scandaleuses formes de réduction de l’être humain à une simple marchandise» et «l’une des nouvelles formes d’esclavage», accusent les évêques espagnols, dans une déclaration approuvée à l’occasion de leur assemblée plénière, réunie du 23 au 27 avril à Madrid.

«Les médias et les nouvelles technologies telles qu’Internet, écrivent les évêques, à la fois s’acquittent de la noble tâche d’informer et de dénoncer ces situations dégradantes de la personne humaine, mais contribuent également à les favoriser au moyen de la publicité, des annonces de propositions sexuelles et de la pornographie. Ils se rendent ainsi complices de ce marché d’êtres humains. Veiller soigneusement au type de messages que véhiculent de si puissants moyens serait un bon indice de relèvement moral».

La déclaration, intitulée «Le drame humain et moral du trafic de femmes», a été préparée par la Commission épiscopale des migrations. Celle-ci s’inquiète des «dimensions alarmantes» qu’a pris en Europe le phénomène du trafic d’êtres humains, «particulièrement de femmes en vue de leur exploitation sexuelle». Selon l’Organisation Internationale de Migrations (OIM), ce trafic mobilise annuellement plus de 7’000 millions de dollars dans le monde.

La traite des femmes est «l’une des plus scandaleuses formes de réduction de l’être humain à une simple marchandise» et «’une des nouvelles formes d’esclavage», insistent les évêques, à tel point que «la vie quotidienne de ces femmes est, dans de nombreux cas, pire que l’ancien esclavage».

Mis en œuvre d’instruments légaux

Quant aux causes, elles sont en lien avec les flux migratoires, selon les évêques. Figurent aussi parmi les causes de ce phénomène la pauvreté, les situations de violence et les conflits dans les pays d’origine, le consumérisme, la banalisation de la sexualité, la collaboration des «clients» et «une certaine tolérance sociale et légale vis-à-vis des réseaux de trafiquants dans les pays récepteurs». En effet, «l’opinion publique ne réagit pas suffisamment face à cette misère humaine» et «rares sont les Etats qui se sont engagés résolument et efficacement dans la lutte contre ce mal».

C’est pourquoi les évêques appellent à «avancer dans la mise en œuvre d’instruments légaux dans la perspective d’une coopération internationale effective et dans leur nécessaire introduction dans la législation interne des Etats».

L’éducation, la protection efficace des victimes, le travail de la police et la collaboration des médias sont d’autres aspects que souligne le document épiscopal, ainsi que l’appel aux communautés chrétiennes et à chacun de leurs membres à devenir «un foyer ouvert» pour les victimes.

Menaces contre la vie et la famille

Lors de cette assemblée, les évêques espagnols ont aussi approuvé un document sur «La pilule du lendemain, une nouvelle menace contre la vie». A l’occasion de l’autorisation gouvernementale de commercialiser cette pilule (23 mars 2001), ils ont tenu à préciser que celle-ci «n’est pas un contraceptif», mais qu’il s’agit bien d’»une méthode abortive dans l’intention et dans l’effet possible». Quant aux médecins et aux pharmaciens, les évêques rappellent aux autorités leur «obligation d’agir de telle sorte que ne soit pas empêché l’exercice de l’objection de conscience».

Les évêques ont par ailleurs annoncé l’approbation par l’assemblée d’une l’instruction pastorale sur «La famille, sanctuaire de la vie et espérance de la société» et d’un document énonçant les «principes et critères» de l’inspection et du suivi des professeurs de religion catholique.

En revanche, les statuts de la région ecclésiastique catalane n’ont pas été approuvés. Ce sera pour la prochaine assemblée, en novembre 2001. «Le thème n’était pas assez mûr», a déclaré à ce sujet Mgr Juan José Asenjo, secrétaire de la Conférence épiscopale.

Dans son discours d’ouverture de l’assemblée, le cardinal Antonio M. Rouco Varela, archevêque de Madrid et président de la Conférence épiscopale, avait abordé plusieurs thèmes de l’actualité. Sur la question du terrorisme, il avait été très explicite: «Il n’est pas légitime de collaborer en aucune façon avec l’ETA ni avec son entourage. Ceux-là qui le feraient ne mériteraient pas le nom de chrétiens». (apic/cip/pr)

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