La solution à une plus grande collégialité dans l’Eglise?
Rome, 3 mai 2001 (APIC) La solution à une plus grande collégialité dans l’Eglise passera par l’unité dans la diversité, estime le cardinal Franz König, archevêque émérite de Vienne, en Autriche.
Dans un entretien au mensuel catholique «Jésus» du mois de mai, le cardinal König soutient en effet que la solution à une plus grande collégialité dans l’Eglise passera par l’unité dans la diversité. A la veille du prochain consistoire qui se tiendra du 21 au 24 mai 2001, le cardinal, âgé de 95 ans, aborde le sujet de la réforme de la curie et du fonctionnement des conférences épiscopales, excluant toutefois l’éventualité d’un nouveau concile.
«Alors que dans le passé on concentrait tout au Vatican et que le centralisme était un instrument pour l’Eglise de se défendre, depuis le concile Vatican II, il n’y a plus besoin de tout cela», affirme le dernier cardinal vivant ayant été créé par Jean XXIII – en décembre 1958 -, qui s’est fait notamment connaître pour ses nombreux travaux lors du dernier concile. Pour lui, l’Eglise «a besoin d’unité, mais aussi de diversité».
Une plus grande collégialité «n’est possible que si les conférences épiscopales ne sont pas limitées à écouter, mais à avoir un grand pouvoir de décision et la possibilité d’intervenir sur le centre», explique-t-il. «On doit trouver une solution par laquelle l’unité laisse de l’espace à la diversité, sur une base nationale, régionale et continentale». «Je pense que Jean Paul II le veut», ajoute-t-il, mais c’est «le prochain pape qui fera tout cela».
Au sujet de la convocation d’un éventuel concile, le cardinal König pense également qu’il faut «tout renvoyer au prochain pontificat».
Pas seulement des mots
«Nous devons admettre un grand pluralisme sans détruire l’unité», continue le cardinal Franz König interrogé sur la primauté du pape. Au sujet de l’oecuménisme, dont la primauté du pape est selon lui un des principaux obstacles, en particulier pour les orthodoxes, l’archevêque émérite de Vienne déplore que les discussions «restent sur un plan intellectuel», alors que «la base» des fidèles «ne fait pas beaucoup». Il cite à cette occasion le document «Dominus Jesus», soulignant que «les théologiens le comprennent, mais pas les gens».
Pour le cardinal König, cette «religion de tête» est un des principaux problèmes en Europe. «Là où l’Eglise réussit à mettre ensemble la tête et le coeur, il y a de très belles expériences de foi», conclut-il, ajoutant que ces expériences «se vérifient souvent dans les paroisses où il n’y a pas seulement des mots mais un exemple de vie». (apic/imed/pr)
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