Encadré
Une déclaration commune a été signée vendredi soir entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe de Grèce à l’occasion de la rencontre entre Jean Paul II et Mgr Christodoulos, primat de Grèce, devant l’Aréopage d’Athènes. Jean Paul II et Sa Béatitude Christodoulos y ont condamné, «tout recours à la violence, au prosélytisme et au fanatisme au nom de la religion», et sont revenus sur les racines chrétiennes de l’Europe.
Le Père Théodore Contidis, du Bureau de presse de la Conférence épiscopale de Grèce, a déclaré à l’agence d’information vaticane Fides que la déclaration commune entre le pape et l’archevêque orthodoxe d’Athènes, Mgr Christodoulos, lue à l’Aréopage, a été approuvée «après mille difficultés et une véritable guerre des nerfs». Le point controversé concernait la référence à l’Europe chrétienne: les orthodoxes voulaient une prise de position du pape sur la question politique de Chypre, «inacceptable pour l’Eglise catholique, étant donné que le texte est de caractère religieux, et non pas politique».
La demande de pardon du pape a brisé la glace
La demande de pardon du pape pour les fautes commises par les catholiques contre les orthodoxes, prononcée devant Mgr Christodoulos au siège du primat de Grèce – qui s’apprêtait à partir pour Moscou à l’invitation du patriarche Alexis II – a grandement contribué à briser la glace. Les vifs applaudissements de Mgr Christodoulos et des évêques orthodoxes présents ont été significatifs d’un changement de climat. «Pour toutes les occasions passées et présentes où les fils et les filles de l’Eglise catholique ont péché par action et par omission contre leurs frères et sœurs orthodoxes, puisse le Seigneur nous accorder le pardon que nous lui demandons», a lancé Jean Paul II.
A l’occasion de la première visite d’un pape de Rome en Grèce depuis le grand schisme de 1054, qui a créé un fossé longtemps insurmontable entre catholiques et orthodoxes, le pape a évoqué le «sac dramatique de la ville impériale de Constantinople, bastion de la chrétienté en Orient» par les croisés en 1204. Quelques instants auparavant, dans un discours sans ambages, le primat de Grèce avait réclamé une demande de «pardon» des catholiques et dénoncé «l’activité négative des uniates», les catholiques de rite oriental unis à Rome. (apic/imed/fides/sdr/be)
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