Israël: Crise d’identité au sein du système des écoles religieuses de l’Etat
Jérusalem, 8 mai 2001 (APIC) En Israël, une étude scientifique montre que plus on a de diplômes, plus on devient laïc. Cette tendance s’observe particulièrement chez les étudiants des écoles religieuses de l’Etat. Les responsables de ce réseau d’enseignement religieux étatique estiment que la sécularisation est le prix à payer pour leur ouverture à la société israélienne moderne.
Les enseignants et les administrateurs travaillant au sein du réseau scolaire religieux de l’Etat sont inquiets: de plus en plus de diplômés du système d’éducation contrôlé par les religieux s’intègrent à la population séculière.
Le prix de l’ouverture à la société moderne
Les étudiants interrogés déclarent que nombre de commandements religieux juifs (»mitzvot») ne sont plus adaptés au monde moderne. Au contraire des institutions scolaires ultraorthodoxes (»haredi») fermées à la société dominante, les écoles religieuses de l’Etat sont ouvertes. Les élèves y ont accès aux médias séculiers – de MTV à internet – et en subissent les influences. Les écoles religieuses d’Etat sont ainsi de plus en plus soumises à la concurrence de la culture laïque, largement et facilement accessible, se plaignent les enseignants et les administrateurs de ces écoles.
Selon une enquête concernant le niveau de la foi et des observances, menée par la Faculté d’Education de l’Université Bar-Ilan auprès de 2’600 étudiants adultes du monde des hautes écoles appartenant au réseau religieux d’Etat, seule une petite majorité – 52% – se considèrent eux-mêmes comme «religieux» ou «très religieux». Le respect des «mitzvot» (commandements) est une caractéristique essentielle pour pouvoir classer un juif comme «religieux». En effet, celui qui n’observe pas les «mitzvot» ou ne se sent pas obligé d’en suivre au moins une partie n’est pas considéré comme religieux par la communauté orthodoxe.
Les rabbins ne sont pas à la hauteur et ne comprennent pas le monde des jeunes
Une minorité significative des étudiants – 44% – estime que de nombreux commandements ne sont plus adaptés au monde moderne. Une majorité de 56% considère même que l’on peut être croyant sans observer «beaucoup de commandements». L’enquête montre que cette tergiversation spirituelle chez les jeunes étudiants juifs du système d’éducation religieux vient de la «collision entre une vision du monde laïque et la perspective religieuse. Les enseignants ne sont souvent pas en mesure de faire face à ces véritables dilemmes.»
L’enquête montre également que les rabbins qui enseignent dans les institutions «yeshiva» affiliées au système scolaire religieux d’Etat (»non-Haredi»), «ne comprennent pas le monde dans lequel vivent les élèves, et ils ne font aucun effort pour rendre le monde du Talmud pertinent pour les étudiants». (apic/haar/be)
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