Etats-Unis: Passivité des communautés religieuses face à l’esclavage au 19e siècle

Les « disciples du Christ » demandent pardon aux Africains déportés

New York, 12 mai 2001 (APIC) Les Disciples du Christ demandent pardon pour leur passivité face à l’esclavage aux Etats-Unis. Leur conseil déplore l’indifférence des communautés religieuses, chrétiennes en particulier, face à « la souffrance indicible » des Africains déportés en Amérique au 19e siècle.

Lors d’une réunion fin avril, le Conseil de l’Eglise qui regroupe 844’000 « disciples du Christ » a adopté une résolution déclarant que de nombreuses communautés religieuses des Etats-Unis, parmi lesquelles l’Eglise chrétienne des disciples du Christ, « n’ont pas su s’élever contre l’esclavage aux Etats-Unis ». Elles sont restées insensibles à la détresse des Africains, déportés de force avant d’être vendus aux Américains, forcés à travailler sans salaire, souvent maltraités et violentés par leurs maîtres blancs. » Le Conseil des disciples du Christ estime que les Eglises ont eu tort de garder le silence sur l’injustice criante de l’institution de l’esclavage.

Culpabilité collective

Le Conseil de l’Eglise chrétienne « confesse la culpabilité collective » face aux enfants de Dieu dont les vies ont été affectées par ces mauvaises actions ». Envisageant de demander au gouvernement des Etats-Unis de présenter des excuses pour l’esclavage, qui a pris fin avec la guerre civile de 1861-1865, il a réalisé qu’il lui fallait d’abord reconnaître sa propre responsabilité dans cette tragédie. Pour le porte-parole de l’Eglise Curt Miller, cette demande de pardon s’inscrit vraiment dans la foi de l’Eglise chrétienne qui prône la réconciliation et la lutte contre le racisme. « L’esclavage, qui écrasait les nègres au 19e siècle, a encore des effets aujourd’hui dans les attitudes et les pratiques américaines. »

Membre afro-américaine du Conseil et arrière petite-fille d’esclaves, Emily Jackson, de Memphis Tennessee a accepté les excuses de l’organe faîtier des disciples du Christ: « J’accepte personnellement ces excuses et surtout l’esprit dans lequel elles ont été exprimées », a-t-elle dit à l’agence de presse des Disciples du Christ. Les disciples du Christ ont fondé leur Eglise lorsque les colons américains se sont installés dans l’Ouest, au tout début du 19e siècle.

Selon Curt Miller, certains membres et responsables du Conseil de l’Eglise s’étaient prononcés pour l’abolition de l’esclavage, et la question avait été débattue lors de la Convention générale de 1863, au plus fort de la guerre civile. Mais les disciplines du Christ ne sont jamais devenus le symbole de la lutte abolitionniste.

Une résolution qui n’engage que le Conseil de l’Eglise

Composé de 160 membres, le Conseil de l’Eglise est la structure administrative faîtière des disciples du Christ, dont l’Assemblée Générale qui se tient tous les deux ans. « Le Conseil parle aux communautés et non pour elles », a dit Curt Miller en précisant que l’Eglise n’avait pas reçu beaucoup de réactions. Cette résolution pourrait cependant avoir des conséquences lorsque l’Assemblée générale se réunira pour débattre de la question controversée des réparations aux descendants d’esclaves. Les opposants à toute indemnisation répondent que les noirs ne sont pas les seuls Américains à avoir été discriminés et que l’esclavage a disparu depuis plus de 100 ans aux Etats-Unis.

Le Conseil de l’Eglise envisage de faire pression pour qu’une commission du Congrès étudie la question des réparations. Les disciples du Christ proposent une alternative en demandant au gouvernement Bush de « présenter des excuses nationales pour avoir participé et soutenu l’enlèvement, l’exportation et l’esclavage de personnes d’origine africaine ».

Il y a approximativement 73’000 Afro-américains dans l’Eglise chrétienne des disciples du Christ, soit 9 % des fidèles de l’Eglise, dont le siège se trouve à Indianapolis, en Indiana. D’après l’Annuaire des Eglises américaines et canadiennes, l’Eglise chrétienne se réclame à la fois de la simplicité, de l’ouverture, de l’individualisme et de la diversité, sans référence à aucune doctrine ni dogme officiel. (apic/eni/mjp)

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