L’Eglise du Bénin a mené une étude dans 120 villages

Bénin: Trafic et esclavage d’enfants en Afrique de l’Ouest

Cotonou/Dakar, 13 mai (APIC) Confrontée au phénomène de trafic des enfants, l’Eglise du Bénin a mené l’enquête dans 120 villages du pays, a déclaré jeudi 10 mai le père Claude Trembley, du diocèse de Cotonou. Mercredi 9 mai, des adolescents destinés au trafic avec la Côte-d’Ivoire ont été «récupérés» par la police et confiés à l’Eglise catholique.

Le prêtre n’a pas donné de détails sur les résultats des recherches, mais a exprimé la grande préoccupation de son diocèse face à l’esclavage des enfants exploités dans les plantations de café ou de cacao. Le Bénin est depuis quelques années la plaque tournante du trafic d’enfants en Afrique, subsaharienne. Ce phénomène s’est révélé au grand jour le 14 avril dernier, avec l’interception, dans les eaux territoriales béninoises, d’un bateau transportant des mineurs, victimes d’un trafic.

Les polices du Bénin et du Togo voisin ont interceptés mercredi 9 mai un véhicule qui transportait un groupe de 22 enfants, dont des frères d’une même famille. Le minibus immatriculé au Nigeria se dirigeait vers la Côte-d’Ivoire. Les adolescents, âgés de 7 à 17 ans, devaient y être vendus pour esclavage, ont indiqué les policiers. Ils n’étaient pas accompagnés de parents, mais voyageaient en compagnie d’intermédiaires qu’ils ne connaissaient pas. Récupérés, ils ont été confiés à un centre d’accueil et d’écoute de l’Eglise béninoise.

Un trafic qui existe depuis 10 ans

Leurs passeurs ont été placés en garde en vue au commissariat central de Cotonou où étaient déjà détenus dix autres personnes arrêtés les 5 et 6 mai par la police togolaise, alors qu’elles escortaient des enfants supposés être destinés à l’esclavage. Les interrogatoires de la police ont permis de découvrir que le véhicule avait été loué par un béninois pour une très importante somme d’argent. Les enfants ont déclaré aux policiers avoir été conduits au bus par leur père, leur tante, leur cousin ou par un ami de la famille.

Selon le Père Tremblay, il s’agit vraiment d’un trafic d’enfants qui existe depuis plus de 10 ans au Bénin. L’Eglise locale confrontée à ce problème a choisi de mené des études sur le terrain, grâce à la collaboration de «relais locaux», des personnes avec lesquelles «nous sommes en contact pour essayer d’enrayer le phénomène», a-t-il souligné.

Connaisseur de la société béninoise, le prêtre a indiqué que les parents confiaient souvent leurs enfants à quelqu’un qu’ils connaissaient ou un ami, en sachant qu’il serait bien traité. «Mais le phénomène actuel manifeste une dégradation sérieuse de la famille» a-t-il fait remarquer.

En plus de la Côte-d’Ivoire, le Gabon est aussi accusé d’acheter des enfants esclaves employés là-bas aussi dans les plantations. Le ministre gabonais des Affaires Etrangères, Jean Pin continue d’affirmer que son pays «n’a pas de plantations de café et cacao, comme en Afrique de l’Ouest». Il n’a pas exclu cependant que des familles qui profitent de cette main d’œuvre à bon marché. (apic/ibc/mjp)

webmaster@kath.ch

Portail catholique suisse

https://www.cath.ch/newsf/benin-trafic-et-esclavage-d-enfants-en-afrique-de-l-ouest/