Slovaquie: L’épiscopat catholique rejette la demande de la minorité hongroise
Bratislava,
(APIC) Il ne peut y avoir d’évêque seulement pour les Hongrois de Slovaquie. Lors de sa dernière assemblée plénière à Bratislava, la Conférence des évêques slovaques a rejeté la demande de la minorité hongroise, qui compte plus d’un demi-million de membres, soit le dixième de la population slovaque.
Les besoins spirituels des Hongrois de souche sont «bien couverts», a déclaré devant la presse l’évêque de Spis, Mgr Frantisek Tondra. Qui a reconnu cependant qu’il y avait trop peu de prêtres provenant de la minorité hongroise en Slovaquie. Selon le recensement de 1991, 567’000 Hongrois vivraient en Slovaquie, dont 368’000 appartenant à l’Eglise catholique. Un tiers des paroisses magyares n’ont pas de prêtre. Pour un autre tiers, il s’agit de prêtres retraités ou de prêtres slovaques.
La relève bute sur les difficultés de la formation à la prêtrise. Il y a suffisamment de vocations dans les communautés hongroises mais il n’existe pas de séminaire dans leur langue. Le ressentiment contre les Hongrois est palpable dans les établissements de formation slovaques et la plupart des candidats à la prêtrise font leurs études en Hongrie. Une fois ordonnés, certains ne rentrent pas au pays.
«La politique n’a rien à voir»
En plus d’avoir son propre évêque, la minorité hongroise revendique un vicaire épiscopal de langue hongroise dans l’archidiocèse de Kosice et dans le diocèse de Roznava ainsi qu’une «section hongroise» au sein du secrétariat de la Conférence des évêques slovaques.
Mgr Tondra a argué qu’aucune région ne parlait que le hongrois en Slovaquie. De plus, les évêques des diocèses de Bratislava-Trnava, de Roznava, de Presov et de Nitra, comportant des paroisses hongroises, parlent cette langue. Le diocèse de Nitra compte même un vicaire épiscopal de souche hongroise.
La question de la désignation d’un évêque pour la minorité hongroise n’est pas centrale. Ce qui compte, c’est la qualité de l’encadrement pastoral. Mgr Tondra n’exclut pas qu’à l’avenir, un évêque puisse être issu de la minorité hongroise. Mais il devra également s’occuper des fidèles de langue slovaques de son diocèse. Les auteurs de la réponse à l’adresse des catholiques hongrois soulignent qu’il ne s’agit là que de questions pastorales, qui n’ont rien à voir avec les intérêts politiques. (apic/kna/mjp)
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