Pas d’enterrement religieux pour un soldat bédouin

Israël: Un imam pour les soldats musulmans de l’armée israélienne

Jérusalem, 15 mai 2001 (APIC) Le Premier ministre israélien Ariel Sharon cherche un imam à temps plein pour les services religieux destinés aux soldats musulmans de l’armée israélienne, principalement des Bédouins. Un militaire d’origine bédouine a été enterré en Galilée plusieurs jours après son décès car les imams refusaient d’enterrer un soldat de l’armée israélienne.

Sharon a pris cette décision après une nouvelle de la radio israélienne selon laquelle les funérailles d’un soldat Bédouin ont dû être reportées faute d’imam. Sami Suwed, un soldat Bédouin de Shfaram, en Galilée, avait été tué dans un accident de tir la semaine dernière.

Pendant des jours, l’armée israélienne n’a trouvé aucun imam qui était d’accord de présider la cérémonie d’enterrement. Les leaders religieux Bédouins de la région ont refusé de mener Suwed en terre parce qu’il était soldat au service de l’armée israélienne. Pour nombre de musulmans, les soldats Bédouins qui servent l’Etat juif sont des traîtres.

Le chef du gouvernement israélien a téléphoné personnellement au lieutenant-colonel Hassan al-Haib, chef du forum des Conseils des Bédouins. Il lui a donné l’ordre de trouver une personne idoine pour le poste d’aumônier musulman de l’armée. La fonction est semblable à celle d’un rabbin dans le Corps d’aumôniers de l’armée. Hassan al-Haib a dénoncé les imams de Galilée, notamment les religieux Bédouins, qui ont refusé les prières pour le soldat, soulignant qu’une telle chose n’est écrite nulle part dans le Coran. Il a souligné que le soldat Bédouin ne faisait que son devoir en servant la sécurité d’Israël.

De graves discriminations

Bien qu’étant intégrés dans l’armée, les Bédouins sont soumis à de graves discriminations en Israël, où l’Etat a confisqué l’essentiel de leurs terres. Les Bédouins se trouvent en Galilée et dans le désert du Néguev. Dès la création de l’Etat d’Israël, les Bédouins ont été en partie sédentarisés dans les villages de Galilée. Les Bédouins du Nord sont intégrés dans l’armée où les jeunes sont utilisés comme «pisteurs» dans le corps des gardes-frontières. A Zarzir, la tribu Alheib a contribué à la sécurité d’Israël et son monument aux morts compte déjà plus de 70 noms. Les Bédouins du Néguev, où près de la moitié sont encore nomades, doivent se sédentariser dans des localités en dur sous la pression du gouvernement, mais ils y mènent une vie de pauvreté et de marginalisation. (apic/jpost/lmdpl/be)

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