Brésil: Salaire minimum pour les femmes qui scolarisent les enfants
Rio, 16 mai 2001 (APIC) Un salaire minimum pour les femmes afin de scolariser leurs enfants, c’est possible. Un programme mis sur pied fait ses preuves depuis plusieurs années au Brésil. Le BIT et la CNUCED appuient l’idée. Ces organisations entendent défendre l’idée d’exporter ce système ailleurs en Amérique latine et en Afrique notamment, au cours de la Conférence que tiennent à Bruxelles les pays les moins avancés.
Le programme brésilien «Bolsa-escola», sorte de salaire minimum destiné aux familles les plus démunies, sera étendu à plusieurs autres pays, a en effet décidé le BIT et la CNUCED. Le succès brésilien, reconnu au-delà des frontières, remet en question certains discours d’économistes, sur les moyens théoriques de tenter d’enrayer la pauvreté.
Commencé au Brésil en 1994 à l’initiative du gouverneur Cristóvam Buarque, du district fédéral, ce programme consiste à octroyer une allocation équivalente à un salaire minimum, (environ 140 francs suisses par mois) aux familles qui envoient leurs enfants à l’école.
La proposition d’étendre cette expérience sera faite par le BIT (Bureau International du Travail) et la CNUCED (Conférence des Nations Unies pour le Commerce et le Développement), au cours de la Conférence des pays les moins avancés qui se tient du 14 au 20 mai à Bruxelles. Selon les experts économiques internationaux, cette manière de venir en aide est perçue comme un moyen de lutte contre l’extrême pauvreté et l’exclusion sociale.
Pour être intégré à «Bolsa-escola», les enfants ne doivent pas seulement être inscrits à l’école comme dans d’autres programmes populaires. Obligation leur est faite de suivre régulièrement les cours. Autre originalité: ce stimulus monétaire n’est donnée qu’aux mères, cela même si le père est présent au niveau du noyau familial. Ce qui explique en partie le succès de l’expérience vécue depuis 1994. Lena Lavinas, économiste du programme de sécurité socio-économique du BIT, le confirme: la clé de cette réussite passe par la responsabilité donnée aux femmes.
100’000 familles bénéficient de ce programme
A Recife, au nord du Brésil, commente Lena Lavinas, la pauvreté est ainsi passée de 78% à 38%. Quant à l’absentéisme des enfants aux écoles, assure-t-elle, il s’est réduit à 0%, alors qu’il était de l’ordre de 75% auparavant. Le bénéfice de l’opération ne s’arrête pas aux enfants: les femmes qui ont joui de cette aide sont passées très vite au secteur des femmes actives. Actuellement 100’000 familles dans tout le Brésil bénéficient de ce projet. Atteindre l’universalisation de l’école primaire devient envisageable.
Les effets sont encourageants et donnent de l’espoir aux familles, aux responsables de l’éducation et aux enfants. Au Brésil, les personnes qui vivent sous le seuil de la pauvreté sont estimés à 50 millions.
L’impact d’une solution somme toute simple met à mal nombre de théories de grands économistes. Après les années 1990, le groupe appelés «Pays moins avancés» a doublé. Aujourd’hui 10% de la population mondiale habite dans les 49 pays les plus pauvres.
Quelques expériences similaires se développent sur la même base dans d’autres pays latino américains, surtout dans des zones rurales au Mexique, en Equateur, en Argentine et au Guatemala. L’idée est d’exporter ce programme dans des pays africains comme le Mozambique.
Les agences internationales de développement souhaitent que ce projet puisse se présenter comme une forme de payement de la dette extérieure. (apic/ines/pr)
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