Des enquêteurs des Etats-Unis appelés à la rescousse

Guatemala: Assassinat de Sœur Barbara Ann Ford

Guatemala Ciudad, 16 mai (APIC) Les autorités guatémaltèques ont demandé au gouvernement des Etats-Unis d’envoyer des enquêteurs pour les aider à faire la lumière sur l’assassinat de Soeur Barbara Ann Ford, une religieuse des Etats-Unis.

La religieuse, de l’ordre des Soeurs de la Charité, a été froidement abattue le 5 mai par deux hommes bien vêtus qui ont volé son véhicule dans un quartier très animé de la ville. Les assassins ont ensuite abandonné le véhicule non loin de là et ont volé une autre voiture qu’ils ont également abandonnée peu après.

Les policiers chargés de l’enquête ont d’abord parlé d’un acte de délinquance qui aurait mal tourné. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme estiment cependant que cet incident dramatique semble répéter le schéma caractéristique de plusieurs meurtres à caractère politique ces dernières années.

Le Groupe de soutien mutuel (GAM), la plus grande organisation de défense des droits dans le pays, a déclaré le 7 mai que l’assassinat de la religieuse était «une exécution extra-judiciaire de nature politique». Dans un communiqué publié le 11 mai, la Conférence épiscopale du Guatemala souligne pour sa part que cet assassinat est symptomatique d’une «anti-culture de mort qui bafoue la dignité fondamentale de l’homme». Les évêques ajoutent que l’assassinat a aussi révélé «l’incapacité des autorités chargées de la sécurité et de l’application de la justice».

Répondant aux critiques, le ministre de l’Intérieur Byron Barrientos a annoncé qu’il allait demander une assistance auprès de l’ambassade des Etats-Unis au Guatemala. Certaines sources ont laissé entendre que des agents du Bureau fédéral des enquêtes (FBI) allaient arriver prochainement.

Le ministre a déclaré avoir pris cette mesure inhabituelle à contrecoeur, et ajouté que les enquêteurs étrangers allaient «démontrer que c’était un acte lamentable et honteux de délinquance commune». A moins que n’éclate la preuve de l’assassinat politique.

Comme Mgr Gerardi

Soeur Barbara Ford, une infirmière âgée de 62 ans, avait en effet collaboré à la préparation de l’important rapport de 1998, «Guatemala, plus jamais», qui accusait les militaires d’être responsables de neuf morts sur dix durant la guerre civile de 36 ans qui s’est terminée en 1996. Plus de 200’000 personnes, pour la plupart des Mayas, avaient été tués ou enlevés durant ce conflit. Mgr Gerardi, auteur du rapport, a du reste lui aussi payé de sa vie les accusations portées contre l’armée.

Proche de Julio Cabrera Ovalle, évêque de Quiché, Barbara Ford dirigeait le programme de santé mentale du diocèse, aidant les paysans autochtones à surmonter les traumatismes causés par la guerre et la répression. (apic/eni/pr)

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