Enfants incarcérés et torturés

Suisse: Exil massif des moines: la situation des droits de l’Homme se détériore au Tibet

Inès A. Chittilappilly, correspondante de l’APIC à l’ONU

Genève, 15 mai 2001 (APIC) La situation des Tibétains s’est beaucoup détériorée durant l’année 2000, selon les dernières informations du Centre tibétain pour les Droits de l’Homme et la Démocratie (TCHRD), sis à Dharamsala, au Nord de l’Inde. L’occupant incarcère même de très jeunes enfants et les soumet à la torture, comme leurs aînés.

Les autorités chinoises ignorent la convention internationale des droits des enfants. Selon le dernier rapport du Comité International des Juristes, des enfants sont détenus dans des conditions déplorables, sans possibilité de communiquer avec leurs familles, sans voir d’avocat pendant des années et sans être jugés. Beaucoup d’entre eux sont obligés de travailler. Des bambins de 4 ans sont soumis comme leurs aînés à la torture.

Les enfants tibétains n’ont pas le droit à l’assistance médicale que reçoivent les enfants chinois vivant dans la même région. Le taux de mortalité infantile et de maladies liées aux carences alimentaires est plus haut que dans n’importe quelle région de la Chine. Un Tibétain touche en moyenne la moitié du salaire d’un Chinois pour le même travail. Les Tibétains doivent payer d’énormes montants pour suivre l’école primaire, qui est gratuite pour les enfants chinois. 70% des Tibétains qui habitent le «TAR» (Région Autonome du Tibet) vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Exil massif

Pour imposer la culture chinoise et changer la structure de la population et minoriser les Tibétains chez eux, les autorités chinoises organisent des transferts de population chinoise. La Banque mondiale contribue à un programme de 240 millions de frs pour réduire la pauvreté dans le Nord-Est du Tibet. La part de la population tibétaine passera de 19% à 10,1% car 61’775 personnes Chinois seront transférés dans la région. Le bureau de l’environnement et du développement présent à Dharamsala dénonce l’impact néfaste sur l’environnement de ce projet au niveau écologique.

Pendant l’année 2000, les autorités chinoises ont intensifié ce qu’ils appellent la «rééducation patriotique» contre la culture et la tradition religieuse tibétaine. Les «équipes de travail» ont atteint les monastères les plus éloignés pour leur donner de longs cours de politique sans laisser la moindre chance à la prière ou à la lecture des textes bouddhistes. La liberté de religion est au centre de la répression. Toute la population en souffre. Les autorités chinoise font des descentes dans les maisons, détruisent les autels, les livres bouddhistes et les photos du dalaï-lama.

862 moines expulsés des monastères en l’an2000

Résultat de cette campagne de rééducation, 862 moines et moniales ont été expulsés des monastères en 2000, ce qui fait un total de 12’271 depuis que la campagne de répression a commencé. Chaque année, des milliers de Tibétains traversent la chaîne de l’Himalaya. Une épreuve majeure: beaucoup d’entre eux meurent ou arrivent en Inde avec des graves problèmes de santé. On estime que 2’660 Tibétains ont traversé l’Himalaya pendant l’année 2000 (dont 900 avaient moins de 18 ans). Parmi eux, 507 femmes et 642 moines et moniales. La majorité des exilés vont en Inde où réside le dalaï-lama en exil.

Depuis l’occupation chinoise, lancée le 10 mars 1959 et le génocide de plus de 1’200’000 Tibétains qui a suivi, des milliers de Tibétains ont pris alors la route de l’exil.

La Commission des Droits de l’Homme a entendu le rapporteur du Tibet au point «du droit des peuples à leur autodétermination», lors de sa 57e session en mars et avril dernier. Mais a refusé d’ouvrir la discussion. (apic/ines/mjp)

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