Guatemala: Procès des inculpés dans l’affaire de l’assassinat de Mgr Gerardi
Guatemala Ciudad, 20 mai 2001 (APIC) Les juges chargés du procès qui se tient actuellement à Guatemala Ciudad pour faire la lumière sur les cinq personnes inculpées de l’assassinat, en 1999, de Juan Gerardi, évêque auxiliaire, ont demandé la protection des Nations Unies.
Les trois juges ont soumis cette requête à Param Cumaraswamy, rapporteur spécial des Nations Unies pour l’indépendance des juges et juristes, lors de la visite de l’envoyé des Nations Unies le 11 mai.
Param Cumaraswamy était au Guatemala durant trois jours pour enquêter sur les menaces de mort adressées aux juges.
Trois militaires et un prêtre sont accusés d’avoir tué Juan Gerardi, éveque auxiliaire de Guatemala, en 1998. La cuisinière de la paroisse où vivait l’évêque est accusée de complicité dans la dissimulation du crime.
Mgr Gerardi a été assassiné dans la soirée du 26 avril 1998, deux jours après avoir publié un important rapport qui accusait les militaires d’être responsables de la plupart des morts et > durant plus de 30 ans de guerre civile.
Le procès a commencé en mars. Peu avant, des engins explosifs avaient été lancés contre la maison d’Iris Barrios, l’une des juges chargées du procès. Celle-ci n’a pas été blessée. Eduardo Cojulun, qui dirige l’équipe des juges, a pour sa part annoncé le 27 avril qu’il avait reçu deux menaces de mort.
Iris Barrios, Eduardo Cojulun et Amanda Guzman, la troisième juge, sont tous protégés par la police et le bâtiment de la Cour suprême est sous haute surveillance policière.
Le procureur Leopoldo Zeissig et l’avocat de l’Eglise, Mynor Melgar, ont aussi reçu des menaces de mort. Mynor Melgar représente le Bureau des droits de la personne de l’archidiocèse qui a reçu l’autorisation d’assister officiellement aux débats du tribunal.
Portillo n’a pas la volonté de faire la lumière
Selon le rapport de la Fondation Myrna Mack, organisation de défense des droits de la personne, durant les quatre premiers mois de l’année, 19 personnes appelées à témoigner lors de procès, ont reçu des menaces de mort. Dix de ces cas concernaient le procès Gerardi. Plusieurs témoins portaient des gilets pare-balles pour venir au tribunal.
Au moins huit personnes liés à ce cas – juges, procureurs et témoins – ont été obligées de fuir à l’étranger après avoir été agressées ou menacées. Avant de quitter le pays le 12 mai, Param Cumaraswamy a déclaré que le gouvernement du président Alfonso Portillo «n’a tout simplement pas la volonté d’aller au fond du problème de l’impunité». (apic/eni/pr)
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