Un protestant qui fait son chemin chez les catholiques
Lausanne, 21 mai 2001 (APIC) Le journaliste Fabien Hünenberger abandonne la plume pour le micro. Le correspondant pour la région de la Broye et du Lac au quotidien fribourgeois «La Liberté» succède le 1er septembre 2001 à Dominique Voinçon comme journaliste aux émissions religieuses de la Radio Suisse Romande (RSR). Protestant, il a redécouvert son appartenance religieuse en devenant membre de la communauté catholique San Egidio.
Agé de 32 ans, marié et père de deux enfants, Fabien Hünenberger signe le 21 mai son contrat d’engagement avec le Centre catholique de Radio Télévision (CCRT) comme journaliste aux émissions religieuses à la RSR. Cet engagement met un terme aux rebondissements qui ont suivi la démission de Dominique Voinçon, à savoir notamment le renoncement, alors qu’il était annoncé comme engagé, de Philippe Le Bé, qui est finalement resté à la rubrique économique de la RSR.
Rien ne prédestinait Fabien Hünenberger à s’engager au service de l’Eglise catholique. Ni son appartenance confessionnelle, protestante, et ni surtout son éducation marquée selon lui par un «athéisme pratiquant». En clair, personne ne lui a transmis les connaissances religieuses élémentaires durant son enfance à Morges, dans le canton de Vaud. Ni son père protestant, qui affirme croire en une sorte «d’esprit universel» comparable au «Dieu des philosophes», ni sa mère catholique, qui a rejeté l’institution «Eglise» après être passée à l’école des religieuses. «A 20 ans, ma connaissance de textes bibliques s’arrêtait à ’Jésus de Nazareth’, dans la version de Zeffirelli», souligne le nouveau journaliste radio.
Un déclic à 22 ans
Le déclic, ou plutôt le départ vers de nouvelles découvertes religieuses, c’est en 1991 qu’il se produit. Etudiant à l’université, en mathématiques, il accepte à l’invitation d’une ancienne copine de lycée de visiter une «école populaire» du quartier de La Bourdonnette à Lausanne, qui regroupe une soixantaine de nationalités. Il se penche vers un enfant pour le saluer et reçoit son poing en pleine figure! Loin de se décourager, il y voit même un appel à une nouvelle prise de conscience et poursuit son engagement dans cette école, créée par la communauté catholique San Egidio. Il finit même par épouser Anne-Catherine, sa copine de lycée qui l’y a introduit.
Commence alors un nouveau parcours de vie, durant lequel journalisme et engagement religieux se croiseront pour se rencontrer parfois. Ses débuts dans la presse remontent à ses années universitaires, en 1992 à Lausanne. Il est engagé à 30% comme journaliste, avec une licence en mathématiques, pour la revue interne UNISCOP et poursuit son parcours universitaire en lettres. En 1995, il travaille 9 mois à Caritas-Vaud dans le cadre de son service civil. Suivent alors des engagements de pigiste dans le domaine religieux (APIC, Echo romand, Echo Illustré), puis d’animateur à l’Oeuvre suisse d’entraide ouvrière. Il est engagé en 1996 comme correspondant à Payerne du quotidien fribourgeois «La Liberté», pour les districts de la Broye et du Lac. Depuis l’automne dernier, il fait également partie d’une équipe responsable de la page hebdomadaire «religions» dans le même journal.
Un protestant proche des catholiques
Le fait d’être protestant a d’abord été perçu par les responsables du CCRT comme un empêchement à travailler dans l’équipe catholique des émissions religieuses. «Finalement, ils ont pris conscience qu’un tel engagement pouvait être un signe d’ouverture. Et mon appartenance à la communauté San Egidio est apparue comme la preuve de ma connaissance de l’Eglise catholique et de mon esprit œcuménique. Le directeur a également souligné que le baptême protestant était reconnu comme valide par l’Eglise catholique», soutient Fabien Hünenberger.
Ce dernier affirme d’ailleurs qu’il n’aura pas de difficulté à commenter la messe, événement qu’il connaît de l’intérieur pour l’avoir vécu à de nombreuses reprises, notamment dans la communauté San Egidio. Il sera cependant attentif au fait de trouver un bon équilibre entre le journalisme au service du public et l’engagement pour les Eglises. "La religion est un sujet journalistique comme les autres. Elle doit s’intégrer dans le quotidien et ne pas devenir un service interne des Eglises", affirme le nouveau journaliste radio, qui ne veut pas être pris comme le porte-parole des Eglises. Fabien Hünenberger espère même qu’il pourra continuer à travailler, en équipe, dans un esprit d’indépendance journaliste. Son passage au journal > lui a appris à ne pas tremper dans la compromission. , souligne Fabien Hünenberger, qui s’est engagé à faire > aux émissions religieuses de la RSR, à savoir au moins deux ans, mais sans limite précise.
Ses loisirs, il les passe essentiellement dans le cadre de la communauté San Egidio, mouvement international pour la paix et l’engagement au service des plus pauvres. A Lausanne, ils ne sont qu’une dizaine de membres pour animer une école populaire dans le quartier interculturel de La Bourdonnette, où les enfants se retrouvent après l’école pour fêter, jouer, partager les loisirs et mieux se connaître. La communauté tient également un service d’accueil et d’écoute des réfugiés et organise des temps de rencontre et de loisirs avec les personnes âgées. Les membres de la communauté se retrouvent une fois par semaine pour un temps de réunion et de prière. (apic/bb)
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