Les cardinaux se lancent dans le vif du sujet: 16 interventions

Rome: Première journée du Consistoire

Rome, 21 mai 2001 (APIC) Lors la première journée du Consistoire convoqué par Jean Paul II pour réfléchir sur les «perspectives de l’Eglise pour le troisième millénaire, à la lumière de la Lettre apostolique Novo millennio ineunte», les 155 cardinaux présents à Rome sont entrés directement dans le vif du sujet, abordant des thèmes comme le rôle du pape, le dialogue interreligieux et la sainteté. Après les interventions introductives sur le jubilé, 16 d’entre eux ont librement pris la parole dans la matinée du 21 mai 2001.

Après le mot d’accueil du cardinal Bernardin Gantin ­ doyen du collège des cardinaux ­, Jean Paul II a souligné l’importance de cette rencontre qui «représente l’unité, l’universalité et l’esprit missionnaire de l’Eglise, projetée vers les nouveaux objectifs apostoliques». 28 cardinaux étaient déclarés absents de cette première réunion «pour des raisons de santé ou d’âge», comme le cardinal français Pierre Eyt, resté à Bordeaux.

Faisant le lien avec sa dernière lettre apostolique, le pape a particulièrement insisté, dans sa brève intervention, sur «l’effort prioritaire de chaque croyant et de la communauté ecclésiale qui ne peut pas ne pas être de tendre vers la sainteté». Jean Paul II a ainsi lancé un des principaux thèmes abordés au cours de la matinée.

Pour introduire les travaux, le cardinal français Roger Etchegaray, ancien président du Comité pour le grand jubilé de l’an 2000, a mis l’accent sur les fruits du jubilé insistant notamment sur l’avancée du dialogue interreligieux et de l’oecuménisme. Le cardinal Etchegaray a cependant regretté «qu’il n’ait pas pu y avoir de rencontre `pan-chrétienné’» lors du voyage du pape en Terre Sainte en 2000 et que l’assemblée interreligieuse organisée au Vatican en octobre 1999, «n’ait pas eu suffisamment d’échos».

Rappelant par ailleurs le succès des grandes cérémonies jubilaires, le cardinal a toutefois déploré que la liturgie «ne soit pas encore assez considérée dans la vie de l’Eglise», «malgré» le Concile Vatican II.

16 cardinaux – sur les 28 ayant réservé un temps de parole pour la seule matinée du 21 mai – ont ensuite pris la parole pendant 6 à 9 minutes chacun, abordant l’un ou l’autre des 7 thèmes proposés.

L’unité de l’Eglise

Le premier point abordé, concernant l’unité de l’Eglise, a été le plus repris, selon le porte-parole du pape, Joaquin Navarro-Valls. Le cardinal brésilien Eugenio de Araujo Sales a en particulier insisté sur «l’unité et la fidélité au pape». Le cardinal libanais Pierre Nasrallah Sfeir a pour sa part centré son intervention sur l’Eglise particulière du Liban et sur les relations interreligieuses.

Le cardinal américain William Henry Keeler a ensuite abordé le thème des médias, soulevant notamment la question de leur utilisation par l’Eglise. «Il ne faut pas seulement utiliser les médias, mais s’insérer dans la culture des médias», a-t-il déclaré. Ce sujet a ensuite ouvert la question de l’évangélisation. Le cardinal américain Roger Michael Mahony a proposé la création d’un «manuel de la nouvelle évangélisation», insistant sur le «fait» de la mondialisation «qui n’est ni un bien ni un mal». «Il manque seulement la sensibilisation à la solidarité sociale», a-t-il déploré.

Fondement pastoral

J. Navarro-Valls a par ailleurs fait remarquer que presque tous les cardinaux ont abordé le thème de la sainteté et de la manière de la diffuser. Le cardinal portugais Saraiva Martins, dernier des 16 intervenants, a en particulier souligné «le fondement pastoral» de la sainteté pour l’Eglise.

«Enfin ce Consistoire permet d’exercer notre fonction de cardinal et d’être ainsi les conseillers du pape», a déclaré le cardinal portugais interrogé par l’APIC. «Au même titre que «Tertio millennio adveniente» était le fruit d’un autre consistoire, celui de 1994, nous travaillons maintenant sur «Novo millennio ineunte», a-t-il conclu.

A la fin des interventions de la première matinée du Consistoire, Jean Paul II a récité la prière du «Regina Caeli», avant que chaque cardinal reparte déjeuner, les uns à pied, les autres en voiture. Certains sont restés prendre leur repas à la maison Sainte-Marthe – prévue en principe pour accueillir les cardinaux en cas de conclave – où une petite partie d’entre eux logent, les autres étant accueillis par les différents séminaires nationaux à Rome.

Ils devaient se retrouver en fin d’après-midi pour à nouveau deux heures et demie d’intervention. Le cardinal Jean-Marie Lustiger, archevêque de Paris, devait notamment aborder «les perspectives et les méthodes de la nouvelle évangélisation». (apic/imed/pr)

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