La parole à trois cardinaux

Rome: Le pape a ouvert le 6ème Consistoire extraordinaire de son pontificat

Rome, 21 mai 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a ouvert lundi au Vatican un Consistoire extraordinaire réunissant 183 cardinaux du monde entier chargés de dessiner le profil de l’Eglise catholique du troisième millénaire. Trois cardinaux s’expriment sur cet événement, dont le cardinal Poupard, qui estime que le temps n’est pas encore venu pour un Concile Vatican III.

C’est la sixième fois depuis le début de son pontificat que le pape convoque en assemblée extraordinaire le collège des cardinaux. Le pape, qui a fêté vendredi dernier son 81ème anniversaire, a personnellement accueilli les cardinaux dans la salle du synode où se déroulent les travaux jusqu’au 24 mai. Les 183 cardinaux travailleront à huis clos.

En raison de l’âge et de l’état de santé du pape, ce « séminaire » aura un air de pré-conclave. Il s’agit en effet d’une occasion unique pour tous les grands électeurs du futur pape de se retrouver ensemble, de mieux se connaître personnellement, et de connaître les avis des possibles aspirants à la succession sur la chaire de saint Pierre.

Tout en planchant sur l’Eglise du troisième millénaire, les cardinaux, et surtout les 134 grands électeurs âgés de moins de 80 ans, auront en effet l’occasion de se forger une idée sur le profil du 264ème successeur de Pierre qui, sans aucun doute, figure parmi eux.

Le cardinal français Roger Etchegaray et le cardinal italien Crescenzio Sepe, qui avaient été chargés d’organiser le Jubilé de l’an 2000, devaient présenter dans la matinée un bilan de cet événement majeur dans l’histoire de l’Eglise catholique. Lundi après-midi, le cardinal archevêque de Paris, Jean-Marie Lustiger a été chargé de tracer dans ses grandes lignes les perspectives de l’Eglise du troisième millénaire.

Jusqu’au mardi, les cardinaux auront la possibilité de s’exprimer librement sur les sujets de leur choix, chaque séance s’ouvrant par un exposé liminaire. Mercredi, après une matinée de réflexion en petits groupes, l’après-midi sera consacré au bilan. La synthèse finale devrait être confiée au cardinal mexicain Juan Sandoval Iniguez, archevêque de Guadalajara.

Le Consistoire s’achèvera par une messe concélébrée jeudi, jour de l’Ascension, par Jean Paul II.

Quelques cardinaux s’expriment sur les travaux du consistoire

Dès le premier jour de ce 6ème Consistoire extraordinaire, quelques cardinaux ont commencé à s’exprimer sur les thèmes qui devraient être abordés durant ces trois jours de travaux. Pour le cardinal Roger Etchegaray, les réformes les plus importantes sont les réformes de mentalités, tandis que le cardinal Paul Poupard estime que le temps n’est pas encore venu pour un nouveau Concile. Pour le cardinal Achille Silvestrini, traiter de la communion dans les rapports internes de l’Eglise est une nécessité inéluctable.

Sur les ondes de Radio Notre Dame le 21 mai, le cardinal Roger Etchegarray, l’un des trois rapporteur du Consistoire avec les cardinaux Jean-Marie Lustiger et Crescienzo Sepe, affirme que « les structures de l’Eglise sont appelées constamment à se réformer, et la curie aussi ». « Le fonctionnement de la curie aura peut-être à trouver une autre manière de s’exercer pour mieux être au service de la communion entre les Eglises. Ce n’est pas en trois jours, a-t-il dit, que l’on peut revoir de fond en comble toutes les structures de l’Eglise ce ne serait pas sérieux. D’autant que les réformes les plus importantes sont les réformes de mentalités, si les mentalités ne changent pas, les structures restent ou ne servent pas ».

Interviewé par le quotidien italien « Corriere della Sera », le cardinal Poupard, président du Conseil pontifical pour la culture relève que « les temps ne sont pas encore venus pour un nouveau Concile ». En effet, « le vrai problème des conciles est celui de leur réception, c’est à dire de leur acceptation par l’ensemble de l’Eglise ». « Or, la réception de Vatican II est à peine initiée et avant de penser à Vatican III il faut exploiter à fond les trésors de Vatican II ».

Inéluctable

Concernant une éventuelle réforme du synode, le cardinal déclare « qu’après 35 ans de fonctionnement – le synode a été réintroduit par Paul VI – on pourrait lui donner une organisation plus efficace afin d’arriver à des conclusions plus brèves et plus concrètes ». Enfin, le cardinal Achille Silvestrini, ancien préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales, a estimé dans les colonnes du quotidien italien « La Repubblica » de lundi, qu’ « aujourd’hui, on sent le besoin d’affronter la question de la communion dans les rapports hiérarchiques au sein de l’Eglise et donc de la collégialité. C’est une nécessité inéluctable ». Pour lui, « les convocations brèves comme celle-ci, ne permettent pas des discussions approfondies. En général, les débats expriment des indications pour des réalisations ultérieures et il serait bon, a-t-il conclu, que l’on puisse confier à un groupe `ad hoc’, la suite de la réunion ainsi que cela s’est fait pour la préparation du Jubilé ». (apic/af/imed/pr)

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