Avec les saints et bienheureux «des temps modernes»
Rome, 4 avril 2001 (APIC) Le nouveau martyrologe attendu depuis le Concile Vatican II devrait être publié dans les prochaines semaines. La Congrégation pour le culte divin chargée de ce travail a en effet terminé les révisions. En raison d’une surcharge de travail à la librairie éditrice vaticane, avec l’impression des livrets pour les cérémonies de la semaine sainte et de la messe de Pâques, la publication a été quelque peu retardée.
Le martyrologe comprendra tous les nouveaux saints et bienheureux qui n’y avaient pas été inscrits depuis le 13ème siècle, jusqu’aux 120 martyrs de Chine et aux trois religieuses mortes au début du XXème siècle, canonisés le 1er octobre 2000 par Jean Paul II. On compte ainsi au total, plus de 7000 noms.
La nouveauté sera l’insertion de tous les bienheureux proclamés jusqu’à Jean Paul II – dans l’édition précédente, seuls quelques cas particuliers de bienheureux étaient mentionnés – ainsi que la présence de nombreux saints non proclamés par un pape, mais issus de légendes ou de traditions. Un groupe de scientifiques et d’historiens a été chargé d’étudié chacun des cas et d’effectuer une sélection.
Même si l’idée de rassembler tous les saints dans un seul document remonte au 5ème siècle et est attribuée à saint Jérôme, le premier martyrologe a été créé après le Concile de Trente, au 16ème siècle. Le cardinal Baronius avait été chargé par le pape Paul III de mettre en forme ce martyrologe. Après sa création, les archives de chaque diocèse, où étaient inscrits les noms des saints locaux, ont dû être rassemblés à Rome pour un important travail de vérifications et de corrections.
Le martyrologe sera constitué sous la forme d’un calendrier, avec une vingtaine de «fiches» par jour. Elles reprennent le nom du lieu significatif pour la personne – pour la plupart, le lieu d’origine -, quelques données sur l’époque, ainsi qu’un rapide résumé de la vie de chaque saint et de chaque bienheureux. La fête de chacun est fixée en fonction de la date de la mort, sauf pour ceux où celle-ci coïncide avec une grande fête religieuse. Saint Ambroise de Milan, mort le jour de Pâques, a ainsi été inscrit au calendrier le jour de son ordination sacerdotale. Certaines fêtes de saints sont toutefois restées pour éviter des changements dans les diocèses où elles sont fêtées depuis longtemps. Pie XII avait déjà créé une commission pour la réforme de la liturgie qui avait notamment pour objectif de déplacer une partie des saints inscrits aux jours de fête.
Saints de «légende»
La majorité des nouveaux saints et bienheureux, dits «des temps modernes», est issue du Moyen-Orient, où leur figure n’a été mise en valeur qu’au cours des derniers siècles. Mais on compte également des saints dits de légende et dont l’existence a été prouvée par la Congrégation pour le culte divin – nombreux en France parmi les saints patrons des églises -, ainsi que des groupes, comme les martyrs de la révolution française, ou encore des «individuels», comme le bienheureux français Frédéric Ozanam.
Ces modifications dans le martyrologe ont par ailleurs entraîné d’autres travaux au sein de la Congrégation pour le culte divin, notamment dans le missel romain, dont la troisième «édition typique», en latin, devrait être publiée dans les prochains mois. Bien que la nouvelle version ne soit pas très différente, certains noms ont cependant été rajoutés au calendrier liturgique romain. On pourra ainsi remarquer la fête de sainte Edith Stein – co-patronne de l’Europe -, inscrite officiellement au 9 août. (apic/imed/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-publication-prochaine-d-un-martyrologe/