Pourquoi les valeurs humaines et du respect de la vie ont-elles échoué au 20e siècle?

Encadré

Le siècle qui s’achève a été celui de l’horreur: deux guerres mondiales, l’holocauste juif, des génocides en Afrique, en Asie et dans les Balkans. Comment Hans Saner s’explique-t-il cette lamentable abdication de la raison et du respect de la vie?

«La plupart des gens attribuent ce désastre à l’absence de valeurs. Je pense au contraire que la faute en revient à une conscience exacerbée des valeurs, défendues jusqu’au fanatisme et à l’absolutisme. Les plus grands meurtriers de l’histoire n’étaient pas des nihilistes mais des fanatiques, élevant leur représentation du monde au rang d’absolu. Prenez Hitler, par exemple. Il avait un système de valeurs basé sur la race aryenne, la culture germanique, l’inégalité sociale et la puissance. Il était convaincu en outre de devoir les imposer au monde entier.

L’essor du national-socialisme montre combien les valeurs peuvent être dangereuses. En les prenant comme références ultimes, elles produisent des mythes et paralyse l’esprit critique. Autre constat: les valeurs sont interchangeables: après la prise de pouvoir d’Adolf Hitler, en 1933, le peuple a très rapidement intégré le code raciste de son «Führer». Dès 1945, on a jeté ces valeurs aux orties. Personne ne voulait avoir le nom d’y avoir cru. Les valeurs ne peuvent fournir de base fiable que si l’on accepte de constamment les remettre en cause, en gardant les yeux ouverts sur la réalité. On ne peut pas se contenter de les accepter comme un élément donné pour l’éternité. (apic/mos/job/mjp)

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