Chrétiens et sunnites divergent sur la question de la souveraineté

Liban: La présence syrienne au Liban risque de prendre une tournure confessionnelle

Beyrouth, 5 avril 2001 (APIC) La présence de l’armée syrienne au Liban risque de prendre une tournure confessionnelle, les hautes autorités musulmanes se prononçant pour son maintien, contrairement au patriarche maronite et à d’autres responsables religieux chrétiens. Mercredi, l’Assemblée mensuelle des évêques maronites, réunie au siège patriarcal de Bkerké sous la présidence du cardinal Nasrallah Sfeir, a réclamé l’instauration d’un dialogue national sur la présence syrienne.

L’Assemblée des évêques maronites a discuté de la récente visite pastorale du patriarche maronite aux Etats-Unis et au Canada, au cours de laquelle le cardinal Sfeir a réclamé le départ des 35’000 soldats syriens présents sur le territoire national en vertu des Accords de Taëf. Ce qui a retenu l’attention du patriarche et des évêques qui l’accompagnaient en Amérique du Nord, c’est le grand nombre de Libanais venus à sa rencontre et le fait que la plupart d’entre eux sont des émigrés de date récente.

« Porteurs de diplômes d’études supérieures, ces émigrés sont prêts à rentrer au pays, dans l’éventualité d’un assainissement du climat politique et économique, pour participer à la reconstruction de leur patrie », écrit l’Assemblée des évêques maronites dans un communiqué.

Les évêques pour une « souveraineté sans partage »

« Les foules qui ont afflué à Bkerké et continuent de le faire pour souhaiter bon retour au patriarche et appuyer ses prises de position nationales fournissent la preuve que les propositions qu’il a faites et continue de faire ne sont que l’écho et l’expression de leurs aspirations, et qu’ils en souhaitent la concrétisation », poursuivent les évêques, qui déplorent « le climat confessionnel artificiel qui laisse croire que les Libanais sont divisés » sur la question de la souveraineté nationale. Et l’Assemblée des évêques maronites d’affirmer que le redressement économique passe par le redressement politique, « pour que le Liban redevienne responsable de son destin dans un climat de souveraineté sans partage. »

L’appel au départ des Syriens qualifié d’ »incitation à la haine confessionnelle »

Pour les plus hautes instances musulmanes sunnites libanaises par contre, l’appel au départ de l’armée syrienne du Liban est une facteur « d’incitation à la haine confessionnelle ». Le Conseil supérieur islamique sunnite a réitéré sa position en faveur du maintien de la présence syrienne, considérée comme « légale » et « nécessaire ».

Dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion sous l’égide du mufti de la République, cheikh Rachid Kabbani, le Conseil « met en garde contre le danger de l’incitation à la haine confessionnelle qui s’exprime de manière indirecte par diverses prises de position, notamment par l’appel au départ de l’armée syrienne du Liban et par des slogans d’inimitié à l’égard de la Syrie et de son peuple ». Le Conseil considère que ces prises de position constituent une menace pour la stabilité nationale et « un retour à la guerre de sinistre mémoire qui a détruit le pays », rapporte jeudi le quotidien libanais « L’Orient – Le Jour ». (apic/orj/be)

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