Rome: 450e anniversaire de l’Université Grégorienne
Rome, 6 avril 2001 (APIC) La Compagnie de Jésus n’est pas née avec une vocation pédagogique, a rappelé le Père Peter-Hans Kolvenbach, supérieur général des jésuites, en clôturant le congrès organisé ces 4 et 5 avril par l’Université pontificale Grégorienne à l’occasion de son 450e anniversaire.
Le rapport que le Père Kolvenbach a lu à la fin de la séance académique n’avait rien de triomphaliste. Le supérieur général a rappelé que, si l’Université Grégorienne est devenue la plus célèbre université de l’Eglise catholique et l’un des points de repère de la mission des jésuites, il n’en était pas ainsi au départ.
Quand ce qui s’appelait le «Collège Romain» n’en était encore qu’à ses débuts, les choses étaient bien différentes. «S’il est vrai qu’il y a de la continuité, a-t-il observé, il est indéniable également que la discontinuité avec saint Ignace durant le premier quinquennat de son gouvernement de la Compagnie est telle que la vocation pédagogique et humaniste des premiers Jésuites paraît accidentelle.»
Utiliser tous les moyens… tout en ayant confiance en la grâce divine
Saint Ignace, en effet, ne se convertit à l’œuvre des collèges que progressivement, pour répondre à une indication qui venait du pape, auquel la Compagnie s’était dévouée d’une manière particulière. Dans les années oùù le Collège Romain vit le jour, a indiqué le Père Kolvenbach, la Compagnie n’était pas suffisamment préparée pour créer à un rythme rapide tant d’institutions éducatives – quatre ou cinq nouveaux collèges chaque année.
Mais le fondateur, une fois convaincu que telle était la volonté de Dieu et une façon de mieux servir l’Eglise, non seulement changea, mais se déclara disposé à «accepter d’immenses bouleversements au sein même de la Compagnie afin de donner de la place à ce nouveau ministère apostolique». Le Père Kolvenbach en a tiré une leçon: «L’une des caractéristique du jésuite est de vivre dans une tension créative cette requête ignatienne: utiliser tous les moyens, la science, l’art, la culture, les capacités naturelles, et avoir en même temps confiance en la grâce divine.»
Mgr Fitzgerald rend hommage au Père J. Dupuis: la théologie, une science qui évolue
«Aucune université n’est une île ni une tour d’ivoire», a souligné de son côté Mgr Michael Fitzgerald, missionnaire d’Afrique,secrétaire du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, faisant l’éloge de la collaboration entre l’Université et les dicastère de la curie romaine et remerciant le Père Jacques Dupuis pour son «travail de pionnier». Le Père Dupuis a eu des ennuis avec la Congrégation pour la doctrine de la foi.
«Je voudrais exprimer ici toute ma gratitude envers le Père Dupuis pour son travail de pionnier dans le secteur du dialogue interreligieux, a déclaré le prélat. J’ai eu l’honneur d’être associé à la présentation de son livre dans cette Université, et je n’ai pas regretté de l’avoir fait. Je suis content que la Notification de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi se borne à mentionner une «ambiguïté» dans les réflexions proposées par le Père Dupuis. La théologie est une science qui évolue, et c’est normal que les théories soient présentées, discutées, revues et portées à une nouvelle synthèse.»
Mgr Fitzgerald a cité bien d’autres professeurs jésuites dont l’œuvre a été et demeure importante dans le travail de recherche et dans la collaboration avec la curie romaine. Il a souligné l’importance des activités promues par l’Université dans le secteur du dialogue interreligieux, soit dans les rapports de collaboration et d’échange avec d’autres Universités du monde arabe, soit par l’ouverture de ses facultés à des étudiants d’autres religions. (apic/cip/be)
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