Suisse: Avortement: la liste des référendaires s’allonge contre la solution des délais
Berne/Luchsingen,
(APIC) La Commission pour les affaires juridiques (CAJ) du Conseil des Etats refuse tout recul par rapport à la législation actuelle. Elle recommande aux Chambres fédérales de refuser l’initiative restrictive «Pour la mère et l’enfant». Du côté des référendaires, après la «Société pour la protection de la vie à naître en Suisse» (GLS), c’est au tour de l’association «Oui à la vie» de se lancer dans la récolte des 50’000 signatures nécessaires, jusqu’à la fin du mois de juin.
Selon toute vraisemblance, on votera en Suisse sur la solution des délais en matière d’avortement, adoptée par les Chambres fédérales le 23 mars à Lugano. La plus grande association de protection de la vie en Suisse vient de joindre ses efforts à ceux de la GLS, composée de l’Alliance évangélique suisse, de la section zurichoise de «Oui à la vie» (sortie du giron de l’association suisse) et de l’action «Aider plutôt que tuer» pour récolter les signatures nécessaires au référendum. Au plan politique, le Parti démocrate-chrétien (PDC) et le Parti évangélique ont d’ores et déjà annoncé qu’ils se battraient résolument pour que le peuple se prononce sur l’autorisation de l’avortement durant les 12 premières semaines de la grossesse.
Dans le communiqué publié la semaine dernière à Berne, la Commission des Affaires juridiques du Conseil des Etats (CAJ) a estimé que les débats parlementaires avaient pris en compte les valeurs de la société et la situation de la femme. Au contraire de l’initiative «Pour la mère et l’enfant» qui voudrait encore restreindre la législation actuelle. La CAJ achoppe en particulier sur la réflexion de l’»Aide suisse pour la mère et l’enfant» à propos de la notion de santé de la mère. L’initiative propose de n’autoriser l’avortement que lorsque la vie de la mère est mise gravement en danger. Mère qui se verrait en outre dans l’obligation de porter l’enfant issu d’un viol.
Enfoncer des portes ouvertes
La CAJ reproche à l’initiative d’enfoncer des portes ouvertes en désignant les cantons comme responsables de l’aide aux femmes en détresse. Ce devoir leur incombe déjà sur la base de la loi fédérale sur les centres de consultation pour femmes enceintes. Avec son non catégorique, la CAJ se rallie à l’avis du Conseil fédéral. Le seul point où elle rejoint les auteurs de l’initiative, c’est que la disposition constitutionnelle, une fois adoptée par la majorité du peuple et des cantons, doit devenir un droit fondamental.
L’initiative «Pour la mère et l’enfant» a été lancée par des professionnels de la santé et des soins et elle soutient le référendum contre la décision des Chambres. Après la «Société pour la protection de la vie à naître», l’association suisse «Oui à la Vie» lance dans la bataille, son réseau de 15 centres d’aide et de conseil, son numéro de téléphone SOS pour les mères enceintes en détresse et ses 70’000 membres et sympathisants.
Tâche centrale de l’Etat
Le comité de référendum de «Oui à vie» réaffirme, dans son formulaire de signature, que tout enfant à naître est un être humain dès le début et que la protection de la vie fait partie depuis toujours des tâches centrales de l’Etat. On ne peut livrer l’être humain à l’arbitraire à aucune phase de sa vie, poursuit le communiqué diffusé la semaine dernière. La solution finale, dite des délais, qui autorise l’avortement jusqu’à neuf mois moyennant la signature d’un seul médecin, ou jusqu’à 12 semaines en toute liberté – même pour des jeunes filles de moins de 16 ans, et sans que les parents ou le mari soient au courant -, est jugée inadmissible par l’association. Son l’antenne à Lausanne, pour les cantons de Vaud, Neuchâtel et du Jura souligne encore que le projet de loi «banalise la mort d’innocents» et propose une véritable «solution finale, que l’histoire future jugera comme génocide et crimes contre l’humanité».
«Oui à la Vie» avance une nouvelle fois des statistiques selon lesquelles un milliard d’enfants seraient sacrifiés par l’avortement dans le monde, en raison des moyens contraceptifs «modernes, qui sont des abortifs chimiques toxiques». La défense des familles exige des mesures concrètes: «il est compréhensible qu’une famille ne puisse accepter un enfant handicapé, mais l’Etat doit aider à soigner et accompagner cet enfant». Sous peine de revenir à la période du nazisme, complète le communiqué de «Oui à la Vie» Vaud, Neuchâtel et Jura. (apic/job/wm/com/om/mjp)
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