Le rite byzantin est le rite dominant en Syrie. Sur 1,5 million de chrétiens (10% de la population totale), grecs-orthodoxes (7 à 800’000) grecs-catholiques melkites (250 à 300’000) en représentent la grande majorité. Officiellement au nombre de 450’000, les melkites sont fortement touchés par l’émigration, ils sont en réalité bien moins nombreux, mais des fidèles établis à l’étranger sont toujours mentionnés dans les registres de l’Etat.

1 ,5 million de chrétiens vivent en Syrie

Les syriaques orthodoxes « jacobites » (150’000), les arméniens orthodoxes « grégoriens » (150’000), les arméniens catholiques (35’000), les syriaques catholiques, les maronites, les chaldéens catholiques, les chaldéens nestoriens et les latins complètent la liste, aux côtés des petites communautés anglicanes et luthériennes. On rencontre également des sectes en Syrie, comme les Témoins de Jéhovah, mais elles ne sont pas bien vues par le gouvernement.

Une forte émigration chrétienne

« Si le Seigneur a permis, après 2’000 ans, que les chrétiens demeurent en aussi grand nombre en Syrie, malgré des siècles de vicissitudes et de persécutions, c’est qu’une mission les attend ici… », déclare à l’APIC Mgr Jean-Clément (Youhanna) Jeanbart, archevêque grec-catholique d’Alep. Dans la grande métropole pluri-ethnique du Nord-Ouest de la Syrie, l’importante communauté chrétienne, traditionnellement tournée vers l’Occident, rêve d’Amérique… L’on trouve en effet des chrétiens d’origine syrienne partout en Occident.

En tant que citoyens, les chrétiens syriens ne rencontrent pas de difficultés particulières: la loi les protège. « Au contraire, le régime nous traite bien; à part le fait qu’en 1967, le pouvoir nous avait confisqué et nationalisé nos écoles, nous ne pouvons pas nous plaindre, car des chrétiens sont députés, ministres, hauts fonctionnaires… Certes, dans la société, il peut arriver que vous soyez confrontés à des fondamentalistes; dans ce cas, vous pouvez ressentir quelquefois de l’hostilité ou des discriminations, mais cela n’a rien d’institutionnel. Du point de vue légal, nous avons droit à tous les postes, sauf à la présidence de la République, qui est réservé exclusivement à un musulman sunnite », affirme Mgr Jeanbart.

La raison principale de l’émigration des jeunes est d’ordre économique. Ainsi le problème de l’habitat, rare et cher, est aigu. Beaucoup ne peuvent se marier, faute de logement. Ils restent chez leurs parents, dans des appartements exigus. Nombreux se marient après 40 ans ou d’autres émigrent à cet âge pour trouver une épouse. « Ceux qui quittent le pays sont les mieux armés et les plus capables », déplore Mgr Jeanbart.

Dans le passé, les réformes « nassériennes » de type socialiste – au niveau agraire et dans le domaine du commerce et de l’industrie, lors de l’instauration de l’éphémère « République Arabe Unie » (Fusion de la Syrie avec l’Egypte, de 1958 à 1961) a très fortement touché la communauté chrétienne, en particulier les melkites, très bien représentés dans les banques, le commerce d’import-export, la finance, la propriété foncière. Dans l’histoire récente, ces réformes socialisantes ont été un facteur d’accélération de l’émigration, bien davantage que les pressions des islamistes. (apic/be)

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