Khartoum, 16 avril 2001 (APIC) Plus de cinquante chrétiens ont été condamnés à la flagellation pour leur participation mercredi 11 avril à une manifestation devant une église à Khartoum, a déclaré vendredi un responsable du Conseil des églises du Soudan (CES). La police a tiré à balles réelles sur une foule de jeunes chrétiens qui protestaient contre la suppression de la prière la veille, et arrêté une centaine de personnes, dont des prêtres.
52 jeunes chrétiens ont été condamnés par le tribunal pénal de Khartoum à 15 coups de fouet et 20 jours de prison, et six autres, dont 4 femmes, à 15 coups de fouet, a précisé ce responsable qui a requis l’anonymat. « Le procès a été sommaire et a eu lieu en l’absence d’avocat », a-t-il affirmé, ajoutant que « tous les condamnés ont été immédiatement fouettés ». « Nous avons l’intention de faire appel demain, bien que la procédure d’appel risque d’être plus longue que la période d’emprisonnement », a-t-il poursuivi.
Mercredi, la police a tiré à balles réelles sur une foule ressemblée devant une église à Khartoum et arrêté une centaine de personnes, dont des prêtres, ont indiqué à l’AFP des témoins qui n’ont pas été en mesure de préciser le nombre de blessés. Selon eux, des milliers de jeunes chrétiens originaires du sud du Soudan s’étaient rassemblés devant l’église All-Saints (centre de Khartoum) et ont commencé à lancer des pierres sur les voitures et les passants en signe de protestation contre l’annulation d’une prière prévue mardi.
Examen en août des sanctions de l’Onu contre Khartoum
Le Conseil de sécurité de l’Onu examinera en août la question de la levée des sanctions imposées à Khartoum depuis 1996, a indiqué vendredi l’agence officielle Suna. La nouvelle date, proposée par les Etats-Unis, a reçu l’aval du Soudan et du groupe des pays non alignés au Conseil de sécurité, a ajouté l’agence. Le débat, initialement prévu ce mois, avait été également reporté sur proposition américaine.
Le gouvernement soudanais a accepté cette proposition en espérant que le report permettrait une plus grande coordination entre le Soudan, les Etats-Unis et les pays non alignés pour aboutir à un consensus sur la levée des sanctions imposées en 1996, avait-il précisé. Selon lui, la nouvelle administration américaine a informé Khartoum qu’elle étudiait le cas du Soudan, en vue d’adopter une nouvelle politique.
Il s’agit du troisième report de l’examen de la levée des sanctions par le Conseil de sécurité. Le Soudan et les Etats-Unis s’étaient mis d’accord le 28 juin pour reporter au 15 novembre ce débat, à nouveau renvoyé à la mi-avril, pour permettre aux deux pays de normaliser leurs relations.
Le 26 avril 1996, le Conseil de sécurité avait imposé des sanctions économiques et diplomatiques au Soudan après son refus de livrer les auteurs présumés d’une tentative d’assassinat contre le président égyptien Hosni Moubarak, le 26 juin 1995 à Addis-Abeba. (apic/olj/be/mjp)
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