Jura: Les montées pascales sont devenues une tradition dans les vallées jurassiennes
Delémont, 16 avril 2001 (APIC) 200 jeunes ont aidé les communautés chrétiennes du Val Terbi, de Moutier, du Clos-du-Doubs et du secteur paroissial Courfaivre-Courtételle-Develier à franchir le « passage » du Jeudi-Saint au matin de Pâques. Depuis une vingtaine d’années, les montées pascales sont l’occasion pour les 15-20 ans de faire vibrer les paroisses de leur foi et leurs convictions juvéniles.
Cette année encore, des communautés jurassiennes se sont laissé gagner par l’enthousiasme de la jeune génération et se sont associées à la démarche de la montée pascale. Sollicitées pour l’intendance et les transports lorsque des déplacements d’un village à l’autre, partageant la soupe de carême avec les jeunes le vendredi saint ou accueillant les jeunes pour le repas de midi du samedi, les paroissiens ont constaté qu’il n’allait pas de soi de participer à une aventure qui va plutôt à l’encontre de la tendance générale.
Car comme le montrait un sketch vendredi 13 avril à Epauvillers, dans les Côtes du Doubs, les jeunes se partagent en deux clans, ceux qui sont avec le Christ et ceux qui le renient: « Savez-vous ce que je fais pendant mes vacances? Je participe à une montée vers Pâques! » dit l’un. « Mais c’est nul, c’est ringard! Aller à l’église trois fois par jour! », rétorque l’autre. « Il s’y passe bien d’autres choses, on fait des connaissances et nous avons choisi d’être croyants! », explique Louis à Saint-Ursanne, servant l’apéritif qui a ponctué la vigile pascale. « Voir cette cohorte de lumières sur le pont en dos d’âne, apporter le feu nouveau dans l’enceinte de la ville, en procession, chanter avec ces jeunes dans la collégiale, c’était féerique raconte une grand-maman, conquise par la beauté et la simplicité des symboles.
Franchir le Doubs en rappel
Lors des montées pascales organisées depuis plus de deux décennies dans le Jura pastoral, les jeunes de 15 à 20 ans expérimentent le sens des textes de la Cène et de la Passion. A St-Ursanne, par exemple, pour mieux comprendre l’attente que représente le samedi saint avant la résurrection, les jeunes ont rendu visite aux personnes âgées du home. Ils ont constaté que l’attente des seniors face à la vie, lorsqu’eux-mêmes avaient vingt ans, n’était guère différente de la leur: la santé, la paix, le bonheur pour leurs familles, la foi. L’argent plus répandu n’a pas vraiment changé les choses.
Le cœur en fil rouge à Courtételle (Vallée de Delémont), Pâques en cadeau dans le Val Terbi, c’est le sens du baptême qui a été au centre de la montée de la région bernoise de Moutier. Le sommet de la chaîne jurassienne « Weissenstein » s’est transformé en Mont des Oliviers, vendredi, lorsqu’ils ont débattu de la violence.
Puis vint le temps de la réconciliation, du choix, du passage, de la signification du baptême, illustré par une activité aussi symbolique que sportive dans la cité des bords du Doubs. Sur fond d’exode, 70 jeunes ont franchi le Doubs, sanglés à un filin d’acier. A Courfaivre, trois baptêmes, dont deux d’enfants en âge de scolarité, ont été célébrés au cours de la veillée pascale. Et ce fut l’aube de Pâques, la joie pour tous ceux qui ont assisté à son lever, dans les familles de La Baroche, de Boncourt, des Franches-Montagnes ou encore de Delémont. (apic/MoniqueRion/mjp)
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