Des religieux belges, Missionnaires d’Afrique (Pères Blancs), ont vécu plusieurs années au Rwanda où le génocide de 1994 a fait de 800’000 à un million de victimes. En prévision du procès d’assises, la Commission Justice et Paix des Pères Blancs a établi un dossier insistant sur la difficulté de porter «un regard objectif sur les faits et les circonstances». Trop d’articles de journaux, rappellent-ils, ont été écrits sur un ton «souvent tendancieux», par des auteurs qui «se dressent en juges et accusent en condamnant, avant que le tribunal ne se soit prononcé». Et de rappeler que Mgr Augustin Misago, évêque du diocèse de Gikongoro, fut accusé de génocide et incarcéré durant 14 mois à Kigali avant d’être acquitté et libéré le 15 juin 2000. Deux prêtres d’abord condamnés à morts ont aussi été acquittés en novembre dernier. Dans quelques semaines, précisent les Pères Blancs, le jury d’Assises réuni à Bruxelles devra se prononcer sur deux questions majeures : y a-t-il des faits matériels qui démontrent que les quatre accusés rwandais ont commis les «crimes» qui consistent avoir «porté atteinte par action ou omission aux personnes et aux biens protégés par les conventions signées à Genève le 12 août 1949», c’est-à-dire par les conventions sur la protection due aux réfugiés. Y a-t-il eu intention qui permette de qualifier les faits d’homicide volontaire ou involontaire, de refus d’assistance à personnes en danger, ou de complicité… ? «En aucun cas, il ne peut être question d’entraver la justice», soulignent encore les missionnaires. (apic/cip/bb)
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