Promis à un monde meilleur et réduits à l’esclavage

Bénin: Une religieuse dénonce l’esclavagisme des enfants au Nigéria et en Côte d’Ivoire

Cotonou, 17 avril 2001 (APIC) «Au Bénin, de nombreuses fillettes sont arrachées à leurs familles avec la promesse d’un avenir meilleur et sont emmenées en Côte d’Ivoire ou au Nigeria pour y travailler dans les plantations comme des esclaves». Voici le témoignage de Soeur Anna Rizzardi, missionnaire, qui aide les mineures en difficultés au «Centre d’écoute et d’orientation» d’Abomy-Calavi, à 14 kilomètres de Cotonou, ville dans laquelle a accosté cette nuit un navire suspecté de transporter des enfants esclaves.

«Chez nous, on voit arriver des fillettes et des adolescentes âgées de 6 à 17 ans, des filles des rues ou bien des victimes de situations extrêmement difficiles», explique à l’agence Misna la religieuse de la congrégation des filles du Cœur de Marie, au Bénin depuis 35 ans. «Certaines d’entre elles -poursuit-elle – sont récupérées dans de petits villages béninois ou togolais, par des femmes qui rendent visite aux familles les plus pauvres en promettant pour leurs filles un travail sérieux et lucratif. En réalité, elles les font embarquer sur des navires à destination des pays limitrophes pour les faire travailler dans des champs, dans des conditions d’esclavage.

Certaines fillettes sont interceptées à temps à la frontière par la police et sont par la suite accueillies dans notre centre, où nous tentons de les remettre en contacts avec leurs familles d’origine. Bon nombre d’entre elles quittent cependant le pays sans que rien ne puisse être fait pour elles et elles disparaissent de la circulation». D’autres se retrouvent au service de familles béninoises.

«Achetées» à leurs parents, puis disparues

«Certaines personnes se présentent aux parents – raconte encore Soeur Anna – et leur donnent de l’argent en échange de leur fille qui, disent-elles, ira travailler en tant que collaboratrice domestique. En réalité, elles deviennent de véritables esclaves et ne parviennent pas, dans la plupart des cas, à retourner auprès de leurs familles parce que ceux qui se les sont appropriées ont fait en sorte qu’elles ne voient pas où elles étaient emmenées».

Pour tenter de les réinsérer dans la société en leur garantissant une formation professionnelle, une école a été inaugurée en octobre 2000 à Abomy-Calavi, proposant des cours triennaux pour devenir collaboratrice familiale. L’école est dédiée à la soeur canossienne soudanaise Giuseppina Bakhita, ancienne esclave proclamée sainte en octobre dernier Place Saint Pierre au Vatican. Soeur Annna Rizzardi affirme encore que le «Mv Etireno», le navire battant pavillon nigérian ayant accosté cette nuit à 01 h 20 au quai numéro 5 du port de Cotonou, aurait transporté 180 enfants. (apic/mna/bb)

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