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Sommet des Amériques: Les Eglises mettent des conditions à la zone de libre échange

Ottawa,

(APIC) Les Eglises canadiennes mettent des conditions à la création d’une zone de libre-échange dans les Amériques. L’intégration économique des Etats devrait impliquer une économie de meilleur voisinage plutôt que de renforcer l’exploitation. Pour cela, le Conseil canadien des Eglises demande que le public et les parlements nationaux soient partie prenante de la négociation des accords économiques, négociés la semaine dernière dans le cadre du Sommet des Amériques.

L’Eglise unie au Canada propose en outre six conditions pour assurer le respect du droit des peuples et des droits humains dans le contexte de la zone de libre-échange. «Rien ne doit être caché au public», insistent les Eglises canadiennes dans un message adressé aux 33 chefs d’Etat et de gouvernement réunis à Québec autour de George Bush et qui ont signé dimanche une résolution pour la création d’une zone de libre-échange d’ici à fin 2005.

Si cette réunion peut élargir les voies vers la solidarité, «les gouvernements élus peuvent aussi s’incliner devant les forces du marché comme si ces dernières avaient pour destin de diriger l’humanité», avertissent les Eglises. Les communautés ecclésiales canadiennes demandent aux participants au Sommet de respecter six conditions pour créer une «économie de meilleur voisinage».

Les droits de l’homme doivent primer sur les droits des investisseurs

La protection de la main-d’œuvre aux termes de la Déclaration des droits de l’homme des Nations unies et d’autres accords internationaux doit primer sur les droits des investisseurs prescrits dans les accords commerciaux. Tout accord d’intégration économique doit être examiné sous l’angle des besoins des citoyens.

Les Eglises demandent que les accords promeuvent les droits des peuples autochtones des Amériques, que l’on annule les dettes extérieures qui paralysent les pays, que l’on renforce la sécurité alimentaire et celle des communautés agricoles, que l’on préserve l’intégrité des services de santé et d’éducation et que les brevets et les droits de propriété intellectuelle liés au commerce n’empêchent pas l’accès à des biens publics tels que des médicaments capables de sauver des vies. «Il ne faut pas permettre aux accords d’intégration économique de saper la «gouvernance démocratique», destinée à protéger la santé des humains et l’environnement. Les Eglises du Canada attendent notamment de la politique qu’elle aide les citoyens porteurs du sida à avoir accès aux équivalents génériques des médicaments brevetés, trop coûteux

Des signataires des Eglises chrétiennes au Canada

Deux membres de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), Mgr Gerald Wiesner, évêque de Prince George et président de la CECC ainsi que Mgr André Vallée, évêque de Hearst et président du Conseil canadien des Eglises, figurent parmi les signataires du document qui exige la participation du public et «l’imputabilité démocratique intégrale des corps législatifs nationaux» dans la création de contrepoids appropriés à l’intégration des Etats dans une zone de libre-échange. Aux côtés de représentants de l’Eglise anglicane du Canada, de la Convention baptiste de l’Ontario et du Québec, de la Réunion annuelle canadienne de la Société religieuse des Amis, de l’Eglise chrétienne reformée en Amérique du Nord, de l’Eglise éthiopienne orthodoxe Tewahedo du Canada, de l’Eglise évangélique luthérienne au Canada, de l’Eglise mennonite du Canada, de l’Eglise catholique nationale polonaise du Canada et de l’Eglise presbytérienne au Canada. (apic/cecc/mjp)

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