Sri Lanka: Persécution des chrétiens: divergence entre catholiques et évangéliques
Colombo, 1er mars 2001 (APIC) La destruction d’une église évangélique commise le 18 février par des fondamentalistes bouddhistes est décrite comme un «acte planifié» par les milieux évangéliques et comme un «incident isolé» par d’autres. Les évêques catholiques démentent toute persécution par les bouddhistes et mettent en cause «les méthodes d’évangélisation agressives pratiquées par certains chrétiens».
Vingt-cinq personnes ont été blessées, et trois d’entre elles sérieusement, lors de l’attaque commise le 18 février dernier contre l’église Sanasum Sevana (Nouvelle vie) à Nuwarawatte près de Hingurankoda, à 220 kilomètres au nord-est de Colombo. L’incident a provoqué la colère dans certains milieux chrétiens, même si la principale organisation œcuménique, le Conseil chrétien national, a exhorté les gens à ne pas «réagir trop vivement». La présidente de Sri Lanka, Chandrika Kumaratunga, a ordonné l’ouverture d’une enquête, révèle l’agence de presse ENI le 28 février.
«Plus que les murs et le toit»
«La bande qui a attaqué l’église avait des épées et des barres de fer», a expliqué A. Sumandiran, porte-parole de l’Eglise évangélique. Le bâtiment a été lourdement endommagée et il ne reste que «les murs et le toit», a-t-il dit aux journalistes.
Lors d’un entretien téléphonique avec le correspondant de l’agence ENI, le secrétaire général de l’Alliance évangélique, Godfrey Yogarajah, a soutenu que «ce n’était pas un incident isolé, mais un acte clairement planifié.»
Le vice-ministre des Affaires étrangères de Sri Lanka, Harendra Corea, a affirmé pour sa part: «Aujourd’hui, un certain mouvement organisé s’emploie à semer les graines de la discorde religieuse en prétendant soutenir la cause de l’héritage cinghalais», en faisant référence à un parti politique récemment formé, Sinhala Urumaya (Héritage) qui est suspecté d’avoir fomenté l’attaque contre l’église.
De l’avis du père Neil Dias, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques catholiques de Sri Lanka, les chrétiens n’ont pas à «s’inquiéter» du parti Sinhala Urumaya car «il a été rejeté par le peuple» lors des dernières élections. Ce parti, fondé par des moines bouddhistes radicaux peu avant les élections nationales d’octobre, n’a obtenu qu’un siège sur 225 au Parlement.
L’Eglise catholique relativise l’affaire
Le père Dias souligne que l’attaque était un «incident isolé. La relation entre bouddhistes et chrétiens est très bonne», a-t-il affirmé. Les méthodes d’évangélisation agressives pratiquées par certains chrétiens ont tendu les relations entre chrétiens et bouddhistes.
Le secrétaire général du Conseil chrétien national, Ebenezer Joseph, a exhorté les chrétiens à réagir «avec pardon et amour. Il a également souligné que «certaines Eglises donnent une image négative des autres religions», a-t-il conclu en faisant référence au prosélytisme agressif de certains groupes évangéliques.
Plus de 85 % des chrétiens sri-lankais (1,3 million) sont catholiques. Le pays compte 18 millions d’habitants. (apic/eni/bb)
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