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Belgique: La théologienne Alice Dermience et 40 ans de réflexion chrétienne sur l’égalité

Les théologiennes féministes face à la théologie de la femme

Louvain-la-Neuve, 4 mars 2001 (APIC) La clé de la théologie féministe est la prise en compte de la notion de « genre », estime Alice Dermience, théologienne belge. Le « genre », c’est l’ensemble de significations sociales, culturelles, philosophiques ou religieuses conférées au sexe ». Et ce que nombre de théologiennes féministes reprochent à la théologie de la femme; c’est de propager des idées qui ne tiennent pas compte des réalités que les femmes vivent.

La théologie de la emme et la théologie féministe, affirment toutes deux l’égalité fondamentale de la femme et de l’homme. Mais ces deux courants apparus dans les années 1960 se démarquent dans la manière de prendre en compte le « genre féminin ». C’est ce que montre une théologienne belge, Alice Dermience, dans le dernier numéro de la « Revue théologique de Louvain » (1).

Valorisation du rôle traditionnel de la femme

Les chrétiens s’intéressent de longue date à la vocation ou au rôle des femmes mais l’émancipation récente des femmes de leur ancien statut d’infériorité constitue un tournant dans la réflexion. L’Eglise catholique depuis quatre décennies, y compris par la voix de Jean-Paul II, réaffirme l’égalité des sexes et plus encore la dignité de la femme. Tout en insistant sur la « vocation propre » d’épouse et mère. Précision « restrictive », estime la théologienne belge Alice Dermience qui impose à la femme une identité en fonction de rôles traditionnels et néglige la situation concrète des femmes à travers le monde.

Cette penséée qui reconnaît « une essence de la féminité » est typique d’une théologie de « la femme ». Tout autre est l’approche de la « théologie féministe. Loin de toute conception abstraite de l’être féminin, la réflexion se réfère d’abord à l’expérience concrète des femmes. Elle se fonde sur l’expérience de l’oppression, de la discrimination et de la marginalisation féminines pour dénoncer, critiquer et combattre le patriarcat dans la société, dans l’Eglise et dans les relations personnelles ». C’est une  » théologie des femmes pour les femmes », orientée vers une pratique libératrice.

Dégager une pensée libératrice

Cette théologie analyse les traditions religieuses et notamment la bible pour en dégager une pensée libératrice. Le christianisme a été réquisitionné depuis si longtemps par des lectures masculines et sexistes, déplore Alice Dermience. Dans les années soixante, la réflexion théologique des femmes n’a guère quitté le milieu académique américain. Elle s’affine aujourd’hui par des recherches dans les contextes asatique, africain, latino-américain ou australien, sans oublier les minorités ethniques d’Amérique du Nord. Alice Dermience approche la théologie féministe sans retomber dans les préjugés dominateurs ou sexistes. Il ne suffit pas que la théologie soit « féministe » pour faire honneur aux femmes, à l’humanité tout entière et au Dieu de la révélation chrétienne, nuance-t-elle. Ainsi, Alice Dermience juge par exemple imprudent de réclamer une réforme radicale du langage traditionnel sous prétexte que l’appellation « Dieu-Père » pourrait renforcer les oppressions des hommes sur les femmes. (apic/cip/mjp)

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