Ne pas laisser les débats éthiques uniquement aux scientifiques

Canada: Les communautés ecclésiale et scientifique discutent de biotechnologie

Ottawa, 11 mars 2001 (APIC) L’Organisme catholique pour la vie et la famille (OCVF) a récemment tenu un séminaire sur la biotechnologie au siège social de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC), à Ottawa. Cette troisième édition a démontré que les questions portant sur les biotechnologies ne doivent pas être débattues seulement par les scientifiques, ou par les groupes qui financent les travaux comme les multinationales, qui y voient des sources substantielles de profits, affirme la CECC au terme du congrès.

Ce rassemblement a vu la participation de scientifiques, de généticiens, de théologiens, de philosophes, de juristes, d’évêques et de diverses personnes engagées en Eglise, réunis pour approfondir différentes questions selon une perspective catholique.

Ces rencontres favorisent non seulement la création d’un réseau entre éthiciens et scientifiques mais permettent aussi de comprendre les nouveaux développements dans le domaine de la haute technologie, souligne la CECC dans un communiqué diffusé le 8 mars. «Les informations recueillies nous aident à affiner notre réflexion éthique sur les nombreux enjeux et défis que pose la biotechnologie, a précisé Mgr Terrence Prendergast, jésuite, archevêque de Halifax et membre de l’OCVF. Les échanges et l’expertise des personnes-ressources contribuent grandement à nos travaux et nous aident à préparer nos interventions publiques en cette matière.»

Quatre thèmes, sujets à controverse

Quatre sujets ont particulièrement retenu l’attention des participants cette année: le projet du génome humain; le diagnostic pré-implantatoire permettant de déceler des anomalies génétiques et soulevant la question des bébés à la carte; la thérapie à partir de cellules souches permettant de pallier le fonctionnement défectueux de certaines cellules humaines; et la thérapie génique qui consiste à insérer un gène normal dans l’organisme pour remplacer un gène défectueux.

«Dans le débat actuel, il faudrait donner une plus grande priorité à d’autres aspects que ceux d’ordre purement économique, a déclaré Richard Haughian, président de l’Association canadienne catholique de la santé. Il est également très important que la population soit bien informée et que des moyens soient mis en place pour impliquer le public en général dans les processus consultatif et décisionnel concernant les enjeux en biotechnologie».

Ne pas réduire l’être humain à son code génétique

D’autres inquiétudes ont également été soulevées concernant la réduction possible de l’être humain à son seul code génétique: Les embryons humains seront-ils produits comme «pièces de rechange». Avec les découvertes qui se multiplient, quel code génétique ou quel être humain sera considéré comme normal? Se considérera-t-on coupable de ne pas soulager la souffrance d’un individu, sachant que la technologie pour lui venir en aide existe, si controversée soit-elle? Refusera-t-on d’assurer une personne sachant qu’elle développera éventuellement un cancer?

L’Organisme catholique pour la vie et la famille a été fondé conjointement par la Conférence des évêques catholiques du Canada et les Chevaliers de Colomb. Il a comme objectif de promouvoir le respect de la vie, de la dignité humaine et le rôle irremplaçable de la famille dans l’équilibre de la société. (apic/com/bb)

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