Sénégal: Elections législatives anticipées du 29 avril
Dakar, 14 mars 2001 (APIC) Les évêques du Sénégal ont invité les leaders politiques du pays à axer leurs confrontations sur des débats d’idées « visant le bien de tous et non de vaines polémiques qui suscitent et attisent la haine dans les cours et sèment la division dans les familles et les communautés, au risque de dégoûter de la politique un grand nombre » de citoyens.
Ce message fait suite à une pré-campagne électorale agitée que vit le pays, à la veille d’élections législatives anticipées, prévues pour le 29 avril prochain.
« Nous lançons un appel pressant aux acteurs du jeu politique (afin) qu’ils ne s’expriment et n’agissent que par préoccupation du bien-être et de la prospérité du peuple sénégalais, attachés à le servir et non à s’en servir », indiquent les évêques, dans leur lettre pastorale intitulée « Quel Sénégal pour le 3ème Millénaire? ».
Pour les évêques sénégalais dont le pays a connu une élection présidentielle pacifique en 2000, les acteurs politiques « participeront aux joutes électorales, certes dans le souci de l’emporter, mais accepteront que le peuple jette librement son dévolu sur les hommes qui lui inspirent confiance ». A ce sujet, ils ont exprimé le souhait que les politiciens « respectent le verdict des urnes, afin que les acquis de notre jeune démocratie aillent se consolidant ».
Dans un pays où les chefs religieux jouent un grand rôle dans l’arène politique, l’église sénégalaise estime, dans son long texte, que cette « influence (…) ne doit entamer en rien la liberté des citoyens et des gouvernants ». Ces dignitaires religieux doivent être pour tous « des modèles dans la pratique des vertus », ajoutant que « par leurs enseignements et leurs comportements, ils doivent être les premiers promoteurs de la liberté religieuse et les garants de la laïcité de l’Etat, qui ne signifie pas une société sans religion, mais le renoncement au système religion d’Etat ».
Analysant l’état actuel de la société sénégalaise, la lettre pastorale s’est félicitée de « l’heureuse convivialité et du dialogue de vie qui caractérise les relations entre musulmans (96% de la population sur 9,5 millions d’habitants), chrétiens (environ 3,5%) et adeptes de la religion traditionnelle » (0,5%).
Ils se sont enfin déclarés « préoccupés et profondément touchés » par le conflit armé en Casamance qui dure depuis décembre 1983 et qui « continue de faire des victimes, surtout parmi les innocents ». Dans ce contexte, ils condamnent la violence et la barbarie d’où quelles proviennent et quelle que soit la forme qu’elles prennent. « Nous ne pouvons être indifférents à la situation de tant de familles contraintes de quitter leurs villages pour échapper aux tueries et pillages ». (apic/ibc/pr)
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