Une commission du personnel pour faire entendre leur voix

Fribourg: Les agents pastoraux laïcs veulent participer à la discussion sur leur salaire

Fribourg, 14 mars 2001 (APIC) Le référendum lancé en janvier par vingt paroisses du canton de Fribourg contre le budget 2001 de la Corporation ecclésiastique cantonale (CEC) a eu pour effet de bloquer l’indexation salariale des agents pastoraux laïcs engagés dans les services cantonaux. De plus, la hausse attendue depuis des années et la proposition d’augmentation des allocations familiales patronales sont remises en question. L’assemblée de la Corporation se réunit samedi 17 mars pour tenter d’éviter le maintien du référendum. De leur côté, les agents pastoraux laïcs se sont organisés en commission du personnel pour faire entendre leur voix.

Suite à l’aboutissement du référendum contre le budget 2001 de la Corporation cantonale, signé par 18 paroisses de la Glâne, une de la Broye et une de la Sarine, les agents pastoraux laïcs du canton ont été informés par lettre que leur salaire ne serait pour l’instant pas indexé de 2%, comme le budget le prévoyait, et que l’allocation patronale familiale resterait à 100 francs par enfant, au lieu des 200 prévus.

Dans le but d’éviter le maintien du référendum, le Conseil exécutif de la CEC et le vicariat épiscopal tentent de trouver des compromis. Il proposera à l’assemblée plénière de la CEC, samedi 17 mars, d’augmenter l’allocation patronale à 150 francs et d’appliquer l’indexation rétroactivement au 1er janvier 2001, mais de renoncer à une augmentation des salaires pour cette année. Le but de ces mesures, comme le confirme le secrétaire général de la CEC, Jacques Ducarroz, est de convaincre les paroisses concernées de retirer leur référendum. Selon les dernières estimations de la CEC, un vote des catholiques du canton de Fribourg engendrait des frais d’au moins 40 à 45’000 francs pour le matériel de vote, et d’au moins 95’000 francs, et peut-être beaucoup plus, pour les enveloppes de vote, les envois et les scrutateurs. Au total, Jacques Ducarroz estime les coûts d’une votation entre 150’000 et 200’000 francs.

Faut-il à tout prix éviter le maintien de ce référendum? La réponse des agents pastoraux laïcs, directement touchés par les mesures, n’est pas unanime. « Il ne faut pas négocier un retrait du référendum contre les salaires des agents pastoraux », estime Stéphane Currat, responsable de « Formule-Jeunes » et membre de l’assemblée de la CEC, « Il faut que le débat public ait lieu une fois ». Avec d’autres agents pastoraux, il a suscité la création d’une commission du personnel, encore provisoire, pour défendre les intérêts de ses collègues. Fabien Alt, animateur au Centre catéchétique, a été délégué à cette commission en compagnie de quatre autres collègues. La création de cet organe a été lancée au terme de la session pastorale de Matran, en janvier, alors que les agents pastoraux ignoraient qu’un référendum contre le budget allait aboutir. « Nous avons toujours en face de nous des organismes bien organisés. Il était temps que nous défendions nos intérêts à travers une commission », affirme Fabien Alt.

Une nouvelle grille salariale pour 2002

Lors d’une rencontre entre le vicariat épiscopal, des représentants de la CEC et les délégués des laïcs, ces derniers ont demandé de maintenir l’augmentation des salaires déjà durant l’année 2001. Le vicariat épiscopal et le Conseil exécutif de la CEC, de leur part, ont confié à une commission la réflexion en vue d’une nouvelle grille salariale et espèrent la mettre en application dès janvier 2002, et soutiennent l’augmentation des allocations patronales à 200 francs.

Bertrand Slavic, ancien responsable de Formule-Jeunes et membre de l’assemblée de la CEC, affirme que plusieurs collaborateurs ont quitté leur activité au service de l’Eglise au bout de quelques années en évoquant, dans leurs discussions informelles, leur salaire insuffisant pour faire vivre leur famille. Par ailleurs, poursuit Bertrand Slavic, plusieurs agents pastoraux potentiels ont renoncé à s’engager en voyant les grilles salariales.

Fribourg nettement en-dessous de la moyenne romande

Une rapide comparaison au niveau romand confirme que les salaires du vicariat francophone de Fribourg sont nettement au-dessous de la moyenne romande. Ainsi, un laïc diplômé, après trois ans de formation à l’Institut de Formation aux Ministères, touche 4’114 francs brut par mois ( X 12) s’il est célibataire, 4’332 francs s’il est marié. Les religieuses et religieux ont un salaire fixe de 3’900 francs brut. Les licenciés en théologie sont un peu mieux traités, avec environ 1’000 francs de plus par mois.

En Valais, les agents pastoraux laïcs ont un salaire aligné sur les enseignants primaires. Ils partent à 5’046 francs (X 13) et peuvent atteindre 5’929 francs en appliquant, de façon adaptée à chaque situation, la « part d’expérience ». En Haut-Valais, cette marge est même souvent appliquée encore plus généreusement, et les salaires peuvent atteindre 6’800 francs. Sur Vaud, les salaires dans la catégorie « diplômés » partent de 3’481 francs (X 13) et sont régulièrement augmentés pour atteindre 6’701 francs au terme du 45e échelon. A Genève, le personnel laïc a un salaire unifié, quelle que soit la formation, de 4’808 francs (X 12). Mais le canton se montre généreux envers les couples, qui peuvent toucher jusqu’à 1’111 francs de plus si l’épouse ne travaille pas, et les familles avec enfants à charge (512.– francs par enfant). Dans le Jura, la grille varie, en fonction de l’ancienneté, de la situation personnelle et de responsabilités, de 4’800 à 6’300 francs (X 13) pour les diplômés et de 5’500 à 7’400 francs pour les licenciés en théologie. Sur Neuchâtel, un laïc avec baccalauréat et diplôme pastoral touche entre 4’468 francs (X 13) et 5’658 francs, en fonction des années de service (mais environ 500 francs de moins s’il a un CFC au lieu du bac). S’ajoutent des allocations complémentaires de 178 à 357 par enfants.

Dans la partie alémanique du canton de Fribourg, enfin, la nécessité d’une augmentation semble moins prioritaire que chez les francophones. Les salaires des assistants pastoraux, qui sont licenciés en théologie, se montent à au moins 5’583 francs (X 12).

Avis unanime pour une augmentation

Sur Fribourg, il semble que toutes les parties sont d’avis que les salaires des laïcs francophones doivent être revus à la hausse. « Nous n’avons jamais soutenu le contraire », affirme également Claude Gremaud, président de paroisse à Chapelle et chef de file des référendaires. « Mais nous contestons la manière dont le vicariat a procédé en formant une commission composée uniquement d’agents pastoraux et nous trouvons que l’échelle proposée exagérée ». Autre problème évoqué par Claude Gremaud: L’augmentation des charges risque d’être au détriment du nombre de forces pastorales. Le comité référendaire, qui se dit cependant prêt à tout dialogue, souligne que les charges financières de la Corporation cantonale ont augmenté de 12,7% depuis 1999. « A ce rythme, les paroisses ne pourront plus assumer les charges découlant de la mise en place de la Corporation », affirment les référendaires. Au terme de l’assemblée de samedi, le Conseil exécutif de la CEC écrira à chaque paroisse référendaire pour présenter les propositions qui émaneront des débats de l’assemblée et pour tenter d’obtenir le retrait du référendum. (apic/bb)

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