Les antennes à l’assaut des clochersLRome, 15 mars 2001 (APIC) «Non» aux antennes téléphoniques des grandes compagnies publiques et privées sur les clochers des Eglises: telle est la réponse de la Conférence épiscopale italienne, qui entre en «guerre» contre ceux qui pensaient utiliser les structures de l’Eglise catholique pour faire de bonnes affaires. Elle veut aussi préserver l’inestimable patrimoine représenté par la centaine de millier de clochers que compte l’Italie.
L’Italie connaît une véritable révolution dans le domaine des télécommunications et des téléphones portables, avec l’ouverture d’un immense marché et l’entrée en jeu de milliards de dollars. Alors qu’autrefois seule une compagnie publique avait le monopole dans ce secteur, aujourd’hui de multiples compagnies privées apparaissent sur le marché, se livrant à une concurrence acharnée surtout dans le domaine des téléphones portables (40 millions en Italie, pays de 57 millions d’habitants, un des pourcentages les plus élevés au monde!)
Pour une utilisation adéquate des portables et une bonne réception, il faut placer des antennes et des relais au sommet d’édifices normaux. D’où l’idée qui a germé chez les directeurs de grandes entreprises: utiliser les clochers des églises qui sont habituellement les édifices les plus élevés des villes et villages italiens.
Moyennant un bon prix, certaines compagnies ont obtenu de dizaines de paroisses l’autorisation d’installer un relais sur le clocher de leur église. Constatant l’ampleur du phénomène, de nombreux évêques ont demandé conseil à la Conférence épiscopale. C’est dans ce contexte que se situe la décision de Mgr Ennio Antonelli, 64 ans, depuis 1995 secrétaire général de l’épiscopat qui regroupe les diocèses italiens (plus de deux cents).
Antennes contraires à la sainteté du lieu
La note de Mgr Antonelli date de décembre 2000 déjà. Elle conseille aux évêques de refuser de refuser l’installation d’antennes et de relais sur et dans les clochers. Le canon 1220 du droit ecclésiastique stipule en effet que «tout ce qui est contraire à la sainteté du lieu doit être tenu éloigné» des édifices ecclésiastiques. Ainsi, rappelle Mgr Antonelli, l’installation «permanente» de relais sur les clochers serait en contradiction avec cette règle et enfreindrait les lois qui régissent les relations entre l’Etat italien et l’Eglise catholique. Les édifices destinés au culte sont exemptés de l’impôt et ne peuvent être source de revenus.
Mgr Antonelli ajoute que les édifices sont des bien culturels et «qu’il faut préserver de tout ce qui pourrait compromettre son intégrité, défigurer leur aspect, nuire à leur fonction». En outre, a fait remarquer le prélat, un débat est aujourd’hui en cours sur les risques possibles liés aux radiations magnétiques des antennes et relais.
En Italie, l’Eglise catholique, à laquelle appartient la grande majorité des habitants, compte 27 000 paroisses, 100’000 églises, 1 500 monastères, ce qui représente des milliers de clochers, dont un grand nombre ont une énorme valeur architecturale.
«Alors que le pape, dans le message délivré à l’occasion de la Journée des communications sociales, demandait que l’Evangile soit prêché sur les toits (Matthieu 10:27), les évêques italiens ajoutent: à condition que les toits soient débarrassés des antennes pour portables et télévisions par satellite», commente le journal La Stampa (Turin). (apic/eni/mjp)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse