Suisse: L’évêque de Sion se distancie de la page publicitaire publiée dans «Le Nouvelliste»

« Le ton de cette annonce est inacceptable »

Sion, 18 mars 2001 (APIC) Dans une déclaration diffusée le 16 mars, Mgr Norbert Brunner, évêque de Sion, réaffirme son opposition à la « Gay Pride 2001 », la manifestation des homosexuels prévue en juillet prochain dans les rues de la capitale valaisanne. Il juge cependant « inacceptable » l’annonce de l’association catholique conservatrice « RomanDit » publiée le 10 mars dans le quotidien valaisan « Le Nouvelliste », et qui a suscité d’énormes remous dans toute la Suisse. Dans son édition de samedi 17 mars, le quotidien valaisan publie deux pages de publicité en faveur de la Gay Pride de Sion.

« Leur contenu a été soumis aux règles usuelles, à savoir pas de diffamation, pas d’attaques de personnes. Pas plus que dans le cas de la page de RomanDit, ces pages n’engagent la rédaction », tient à préciser le rédacteur en chef du Nouvelliste, François Dayer. Le quotidien valaisan va publier ces prochains jours plusieurs pages d’opinions sur le sujet de l’homosexualité et de sa réalité valaisanne.

Contre les discriminations injustes

On a le droit de ne pas vouloir d’une Gay Pride dans la capitale valaisanne sans partager du tout le point de vue outrancier de RomanDit, estime pour sa part l’évêque de Sion dont la lettre pastorale de carême a suscité une vive polémique bien au-delà des frontières cantonales. S’il critique la tenue de la Gay Pride 2001, Mgr Brunner souligne par ailleurs « la légitimité et la pertinence des préoccupations des homosexuels luttant, par exemple, sur le plan légal pour la suppression des discriminations injustes à leur endroit. »

« Je ne peux que rejeter le ton utilisé ainsi que les déclarations qui s’élèvent contre des personnes. Je préciserais que cette page a été écrite à mon insu et que j’ai été très étonné de constater que mon nom y était mentionné », affirme Mgr Brunner dans sa déclaration, ajoutant: « Je voudrais aussi faire part de ma déception vis-à-vis des lecteurs qui m’ont cru capable d’être complice d’une telle page ».

L’évêque réaffirme cependant son opposition à l’organisation de la Gay Pride à Sion. Tout en reconnaissant « la légitimité et la pertinence des préoccupations des homosexuels luttant, par exemple, sur le plan légal pour la suppression des discriminations injustes à leur endroit », il précise cependant que, « dans cette lutte, les homosexuels se laissent séduire par une forme de combat comme la gay pride qui ne peut contribuer à l’apaisement des conflits, mais qui rend plus grand encore le fossé de l’incompréhension et augmente le phénomène de rejet ».

Faire le jeu du diable

Justifiant le terme de « jeu diabolique » utilisé dans son message de Carême, Mgr Brunner, souligne qu’organiser une telle manifestation « c’est faire le jeu du diable qui, par nature ne réconcilie ni ne rassemble, mais sème la division ». « Une exhibition publique telle qu’elle se fait habituellement dans les gay pride, est indigne de l’homme », ajoute-t-il.

« Si, dans notre pays, des hommes et des femmes estiment que cela fait partie également de leur responsabilité de chrétiens de s’exprimer contre la gay pride parce qu’ils se sentent blessés dans leur foi et dans leur sensibilité morale, eh bien qu’ils le fassent! Mais qu’ils le fassent dans le respect de la différence et dans l’attention à la dignité d’autrui », affirme encore l’évêque de Sion.

Pas d’autre chemin de sexualité que le mariage

« L’homosexualité est-elle d’origine génétique? », se demande Mgr Brunner. « Je suis persuadé que non, même si cette question, aujourd’hui très controversée, n’a pas de réponse définitive ». « Quant à nous, ajoute l’évêque de Sion, nous fondant sur le récit de la création, nous croyons que Dieu a créé l’homme à sa propre image, c’est à dire homme et femme et qu’il les a ordonnés l’un à l’autre. (…) Le livre de la Genèse dit même que l’homme et la femme sont appelés à être si étroitement unis qu’ils deviennent une seule chair. »

« L’homosexualité vécue, un comportement désordonné »

Mgr Brunner en déduit que « pour l’Eglise, cela signifie que la sexualité dans sa forme voulue par Dieu ne peut être vécue que dans la relation d’amour durable et exclusive d’un homme et d’une femme, autrement dit, dans le mariage – qui, entre chrétiens, revêt la dignité d’un sacrement. Dès lors, je me dois, avec l’Eglise, de considérer l’homosexualité vécue comme un comportement désordonné ».

Et de citer notamment le No 2357 du Catéchisme de l’Eglise Catholique, qui affirme: « S’appuyant sur la Sainte Ecriture, qui les présente comme des dépravations graves, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés »; et le No 2358: « Ils (les homosexuels) doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse. On évitera à leur égard toute marque de discrimination injuste ». Selon le Catéchisme de l’Eglise Catholique (No 2359), les personnes homosexuelles sont appelées à la chasteté. (apic/com/nouv/bb/be)

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