Pour l’OMC et le FMI, les droits de l’homme sont secondaires

Genève: La mondialisation et la liberté religieuse au centre des préoccupations du COE

Genève, 18 mars 2001 (APIC) La mondialisation et la liberté religieuse seront au centre des préoccupations du Conseil œcuménique des Eglises (COE) à l’occasion de la 57ème session de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies qui aura lieu du 19 mars au 27 avril à Genève. Le COE a soumis cette année deux déclarations écrites: l’une sur les droits économiques, sociaux et culturels dans le contexte de la mondialisation; l’autre sur la liberté religieuse, la liberté et l’intolérance religieuse.

Dans sa déclaration écrite sur les droits économiques, sociaux et culturels, le COE salue le rapport préliminaire des rapporteurs spéciaux de l’ONU, Joseph Oloka-Onyango et Deepika Udagama, intitulée « La mondialisation et ses effets sur la pleine jouissance des droits de l’homme ». Pour le COE, le rapport attire l’attention dans des termes clairs et lucides sur les aspects négatifs de la mondialisation qui exclut de larges secteurs de la population du Sud des avantages sociaux du phénomène.

Fixer des directives contraignantes aux institutions financières internationales

Le COE estime, à l’instar du rapport onusien, que l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le Fonds Monétaire International (FMI) doivent cesser de considérer les droits de l’homme ’ »comme des éléments secondaires de la formulation et de l’application de leurs politiques et instruments ». C’est pourquoi le COE attend avec impatience la suite qui sera donnée aux recommandations des rapporteurs. Ceux-ci appellent en effet à l’adoption de directives qui constitueraient un cadre précisant les obligations fondamentales des principaux acteurs de la mondialisation en matière de droits de la personne. « Suivies d’effet, déclare le COE en conclusion, ces recommandations permettraient de fixer des limites bien nécessaires à la totale liberté d’action des institutions financières internationales. »

La liberté religieuse, la liberté et l’intolérance religieuse sont au centre des préoccupations du COE et de ses Eglises membres depuis de nombreuses années. La déclaration de cette année s’appuie sur les contacts intensifs avec les Eglises membres du COE vivant dans des situations de conflit présentant une importante dimension religieuse, comme le Soudan ou l’Indonésie. Sur la base de cette expérience et des rapports qu’il reçoit, le COE attire l’attention de la Commission des Nations Unies et du rapporteur spécial sur les facteurs qui contribuent à la poussée de l’intolérance religieuse, notamment :

– la répartition inéquitable des ressources économiques et le refus de partager le pouvoir politique;

– le retour de la religion au centre de la vie nationale, bienvenu par certains et considéré comme une menace par d’autres;

– utilisation de plus en plus fréquente de la religion comme un outil et un catalyseur dans l’escalade des conflits;

– les appels que lancent les minorités religieuses en faveur de l’intervention, qui souvent attisent les sentiments nationalistes et conduisent à une polarisation encore plus grande;

– l’utilisation des lieux de cultes comme tribunes d’où prôner la haine et la violence religieuse;

– l’utilisation de ressources financières et de personnes à l’étranger pour attiser les feux de l’intolérance et de la violence religieuses;

– la crainte des minorités religieuses non musulmanes face à l’application des lois de la charia;

Les minorités religieuses en pays d’islam considèrent souvent l’application de la charia comme étant discriminatoire et venant en violation des droits fondamentaux des minorités, énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme et d’autres normes internationalement acceptées.

Le COE prône le dialogue entre religions

C’est pourquoi, dans sa déclaration, le COE demande que l’on prône avec énergie le dialogue entre les religions aux niveaux aussi bien international que local: « Un tel dialogue devrait être promu et par les gouvernements et par les groupes religieux au moyen de programmes de formation et de sensibilisation, où les membres des différentes communautés apprendraient à respecter la religion et la culture des autres…. « .

Outre les deux déclarations écrites, Clement John, secrétaire exécutif au sein de l’équipe « Relations internationales » du Conseil Œcuménique des Eglises prévoit que le COE insistera aussi sur les problèmes de droits de la personne dans certains pays, abordés lors de la dernière session de son Comité central, à savoir la Colombie, le Soudan, l’Indonésie, la Palestine et Chypre. Le COE soutiendra les petites délégations rattachées aux Eglises venues d’Indonésie et du Guatemala pour assister à certaines séances de la Commission. (apic/coe/com/be)

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