Sénégal: Signature d’un accord de paix entre le Gouvernement et l’opposition
Dakar, 20 mars 2001 (APIC) Le gouvernement sénégalais et le Mouvement des Forces Démocratiques de Casamance (MFDC) ont signé un accord de paix le 16 mars dernier à Ziguinchor, la capitale de la Province de Casamance. Le cessez-le-feu a été signé dans la résidence de l’évêque de Ziguinchor, Mgr Maixent Coly. Les deux parties doivent se rencontrer de nouveau le 23 mars pur discuter des autres questions en suspens.
L’accord prévoit le renforcement du cessez-le-feu, la libre circulation des citoyens, la protection des personnes et des biens. Cela signifie, pour les deux parties, la libération des prisonniers, le retour des réfugiés et des personnes déplacées. Des mesures seront prises pour lutter contre la pollution et construire les axes routiers indispensables au désenclavement de certains villages de la région.
Le texte de l’accord a été signé par le ministre de l’intérieur Mamadou Niang, pour le Gouvernement du Sénégal, par l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, pour le MFDC, et par Mgr Maixent Coly, pour la mission de conciliation. Cet accord est le résultat des premiers pourparlers ouverts le 16 décembre 2000 à Ziguinchor. Il est également le premier acte de paix signé depuis le début de la crise en 1982.
Auparavant, les cessez-le-feu de 1991, de 1993, et de 1995 n’avaient pas été respectés, malgré l’intervention d’hommes politiques, de diplomates, de la société sénégalaise, de l’Eglise Catholique, et des Pays comme la Gambie, la Guinée-Bissau et la France. L’abbé Diamacoune a indiqué que son mouvement était tout à fait disposé à travailler dans le sens de la paix. Selon lui, en effet, « les Casamançais sont fatigués de s’entre-tuer ». Le général Mamadou Niang, ministre de l’intérieur a invité les deux parties « à tendre la main à tous ceux qui veulent la paix, parce que trop de sang a coulé ». Reste à savoir si les deux parties vont effectivement respecter les termes de cet accord de paix.
Pour Pierre Goudiaby Atèpa, président du Collectif des Cadres casamançais, « l’accord du 16 mars 2001 est la preuve que les autorités sénégalaises n’ont cessé d’œuvrer dans le sens de la paix ». Il souligne la disponibilité dont ont fait preuve les responsables du MFDC et du Gouvernement pour parvenir à cet accord qui marque le point de départ d’une solution définitive.
Lorsqu’il a pris le pouvoir, il y a une année, le président Abdoulaye Wade s’est attaqué à la rébellion indépendantiste en Casamance, la région la plus méridionale du pays. Dans le but de sécuriser les frontières avec la Guinée-Bissau, il a réservé sa première visite officielle à ce pays dont l’ancien régime était soupçonné de complicité avec le MFDC. (apic/fs/om)
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