Son évêque le libère de ses charges pastorales pour 5 ans

Sumatra : Un capucin assumera des responsabilités politiques

Nias, 21 mars 2001 (APIC) Un évêque indonésien a temporairement libéré un prêtre de ses charges pastorales pour lui permettre d’assumer une responsabilité politique dans son île natale durant 5 ans. Le Père Philippus Giawa, capucin, âgé de 40 ans et natif de l’île de Nias, à l’ouest de la province Sumatra-Nord, y est déjà conseiller d’arrondissement, représentant le «Parti démocratique pour l’amour de la nation», d’inspiration chrétienne.

Licencié en études bibliques de l’Université grégorienne de Rome, le capucin va se présenter aux élections, toujours dans son arrondissement de Nias, pour le poste d’adjoint au maire. Son coéquipier, laïc et catholique, Silvester Lase, jusqu’ici secrétaire d’arrondissement, postule de son côté au poste de maire.

La candidature du Père Giawa a été largement commentée par la presse locale. Chacun sait, souligne celle-ci, qu’un prêtre catholique est supposé ne pas assumer de responsabilité politique. L’évêque du diocèse de Sibolga (dont fait partie Nias), Mgr Anicetus Bongsu Sinaga, capucin lui aussi, a démenti l’information publiée dans les journaux selon laquelle le Père Giawa a été «suspendu» de ses fonctions de prêtre. C’est «un mensonge», a déclaré l’évêque.

Pas d’engagement dans un parti politique pour les prêtres

Certes, la loi de l’Eglise interdit aux prêtres un engagement dans un parti politique comme toute participation au pouvoir législatif, exécutif ou judiciaire, a expliqué Mgr Sinaga, mais «dans une situation particulière, comme celle du Père Giawa, le diocèse pouvait concéder une autorisation de cinq ans pendant lesquelles il serait libéré de ses tâches pastorales et pourrait exercer pleinement ses devoirs envers la société et l’Etat». L’évêque a ajouté que, dans ce cas précis, Philippus Giawa ne représentait pas l’Eglise et n’exerçait pas ses fonctions politiques en tant que prêtre catholique ou en tant que membre du clergé : «Le Père Giawa agit comme citoyen indonésien et l’Eglise ne saurait être tenue responsable de ses actes». Il reste capucin mais ne vit plus en communauté avec ses confrères. Il habite désormais dans une maison appartenant au diocèse, à Gunung Sitoli, sur l’île de Nias.

D’après l’annuaire pontifical, la population du diocèse de Sibolga s’élève à 2’060’000 âmes, dont 183’000 catholiques. La région est majoritairement peuplée de musulmans. (apic/cip/eda/bb)

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