Gardiens du Saint sépulcre
Dès 638, les Arméniens, citoyens non musulmans de l’empire arabe, vont bénéficier de la protection toute particulière du Calife Omeyyade Omar 1er, qui promulgue une Charte en 638 garantissant l’intégrité et la sécurité aux Arméniens, face aux velléités de conquête de la part de Byzance.
Deux siècles de Croisades
En 1099, les Croisés s’emparent de Jérusalem qui devient capitale du Royaume latin. Et les Arméniens qui sont installés à partir du XIe siècle en Cilicie proche, les ravitaillent et les réconfortent. En 1187, les Croisés sont défaits. Seuls les Arméniens – puisqu’ils sont sujets du Sultan – peuvent rester dans les lieux saints et y conserver leurs biens. Cette même administration musulmane mamelouk sera poursuivie par les Ottomans qui s’emparent de Jérusalem en 1517. A leur tour, ceux-ci vont conférer aux Eglises orientales un statut privilégié.
Depuis le XVe siècle, les Arméniens sont placés sous l’autorité du Patriarche arménien de Constantinople, chef suprême de facto du peuple arménien au sein de l’empire, et dont le siège a été créé par le sultan lui-même. Les chrétiens occidentaux et orientaux passant leur temps à se disputer les lieux saints, le sultan Abdul Mejid décide d’en organiser la garde et confirme officiellement en 1854 le principe qui régit les droits de propriété et l’administration des lieux saints. C’est le fameux principe du statu quo qui va décider une fois pour toutes de la répartition des propriétés, à commencer par celles du saint Sépulcre: Trois rites chrétiens – grec, arménien et romain catholique – en sont les gardiens. C’est ainsi que malgré sa petite taille, l’Eglise arménienne sur les lieux saints devint l’égale du patriarcat grec orthodoxe et de la custodie catholique romaine. Ces dispositions sont toujours en vigueur aujourd’hui. (apic/at/mjp)
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