La Conféédération suisse interpellée

En octobre 1999, la Coalition Jubilé 2000 – Afrique du Sud envoyait un lettre ouverte à Ruth Dreifuss, alors présidente de la Confédération, et aux Conseillers fédéraux Deiss et Couchepin. Objectif: demander officiellement à la Suisse de jouer un rôle moteur dans le lancement d’un processus visant à annuler les dettes causée par l’apartheid et à engager une politique de réparations. Réponse du Conseil fédéral, en substance: la dette causée par l’apartheid ne concerne que le secteur privé et la Confédération s’est déjà engagée dans divers programmes de soutien à la jeune démocratie sud-africaine, notamment en accordant un appui financier et logistique pour le travail de la «Commission Vérité et Réconciliation» qui a fait la lumière sur les crimes de l’apartheid.

En mai dernier, une délégation emmenée par Mgr Winston Hugh Njonjongkulu Ndungane, archevêque anglican du Cap et successeur de Desmond Tutu, accompagné de Neville Gabriel, a rencontré le minisre suisse des Affaires étrangères, Joseph Deiss pour lui réitérer la demande de la société civile sud-africaine: même si c’est le secteur privé qui a financé l’apartheid et en a largement tiré profit, c’est bien la Confédération qui a aménagé les conditions-cadres qui ont rendu tout cela possible. «Au vu de sa responsabilité historique, elle se doit donc aujourd’hui de mettre en place de nouvelles conditions-cadres pour restaurer la justice et impliquer le secteur privé dans des négociation qui doivent être envisagées au niveau international, entre tous les créanciers et la société civile sud-africaine. La demande concerne donc directement la diplomatie helvétique», précisait Mgr Ndungane, président de la Coalition Jubilé 2000. (apic/be)

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