Le rapprochement avec l’Eglise orthodoxe bulgare

Bulgarie: Au programme des futurs voyages de Jean Paul II.

Rome, 27 mars 2001 (APIC) Un voyage de Jean Paul II en Bulgarie pour 2002 est à l’étude au Vatican. De passage à Rome, le président de la conférence épiscopale des catholiques de rite bizantin-slave, Mgr Christo Proykov, a confirmé mardi 27 mars cette éventualité à l’agence I.MEDIA, soulignant l’importance d’une visite pontificale dans un pays à majorité orthodoxe. Ce serait le 5ème voyage dans un pays orthodoxe, après la Roumanie.

« Le synode du patriarche Maxime – primat de l’Eglise orthodoxe bulgare ­ est d’accord pour recevoir le pape », a affirmé à I.MEDIA Mgr Christo Proykov. Il a toutefois précisé que les orthodoxes attendaient l’issue du voyage du pape en Grèce. Les évêques de Bulgarie ont déjà invité Jean Paul II à se rendre dans leur pays à trois reprises et le président de la République bulgare, Petar Stoyanov, à deux. Quant au peuple bulgare, il devrait lui aussi se prononcer, à l’issue d’une pétition lancée début mars.

La situation entre les catholiques et les orthodoxes « s’améliore », estime le président de la conférence épiscopale, soulignant « qu’il y a quelques mois, une visite du pape était impensable ». Pour lui, certains signes de détente laissent entrevoir une ouverture de l’Eglise orthodoxe à la visite de Jean Paul II.

L’Eglise orthodoxe bulgare elle-même connaît des tensions depuis 1992. En juillet 1996, le métropolite Mimen de Nevkrop a remis en cause la validité canonique de l’élection du patriarche Maxime, en 1971, l’accusant de collaboration avec l’ancien régime communiste. Il a alors fondé une Eglise dissidente. Deux ans après, en 1998, l’Eglise orthodoxe bulgare s’est réunifiée autour du patriarche Maxime, à la suite de l’assemblée panorthodoxe qui s’est déroulée sous la présidence du patriarche œcuménique Bartholomée Ier. Elle avait mis fin au schisme, demandant à tous les évêques dissidents de faire acte, à la suite de cette assemblée, de pénitence publique.

Les débuts d’un dialogue entre les deux communautés

La volonté d’apaisement au sein de l’Eglise orthodoxe bulgare a permis une ouverture vis-à-vis de la communauté catholique. Le nonce apostolique, Mgr Antonio Mennnini, a rencontré 4 métropolites de Bulgarie ­ Georgi Galaktion, Simeon Neofit, Kostov Gelasij et Kimitar Dometian -, le 13 mars 2001, au siège de la nonciature. A cette occasion, Mgr Mennini a fait parvenir une lettre au patriarche Maxime pour lui demander de nommer trois représentants de l’Eglise orthodoxe bulgare qui siégeront au sein de la future commission mixte. Elle aura pour objectif de relancer le dialogue, jusqu’alors difficile. Une autre commission, chargée de régler les différends entre grec-catholiques et orthodoxes, a été créée quelques mois avant la visite du pape en Roumanie, ainsi qu’en Ukraine. Ces organes visent à favoriser un climat de dialogue propice aux visites de Jean Paul II.

Le métropolite Galaktion avait déjà affirmé le 23 janvier 2001 « que le pape serait bien accueilli par le Saint-Synode et par le patriarche en Bulgarie ». Lui-même était présent à Rome pour représenter le patriarche Maxime lors de la liturgie œcuménique que Jean-Paul II a présidé le 25 janvier dans la basilique de Saint-Paul-hors-les-murs, en conclusion de la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. « Malgré le petit nombre de catholiques dans ce pays, Jean Paul II a beaucoup de sympathie pour le peuple bulgare », a affirmé à I.MEDIA le président de la conférence épiscopale bulgare.

Exode des jeunes catholiques bulgares

Bien que des relations officielles aient été établies entre le Saint-Siège et la Bulgarie en 1991, Mgr Christo Proykov déplore que le gouvernement bulgare restreigne la liberté de culte. « Même si le communisme est tombé, la loi est restée la même », a-t-il expliqué. Les prêtres étrangers qui arrivent dans le pays sont par ailleurs soumis à une forte taxe annuelle dissuasive. L’évêque déplore en outre, que les catholiques du pays, « qui se sentent délaissés » par le gouvernement bulgare, partent de plus en plus nombreux pour l’étranger, notamment les jeunes.

Les catholiques bulgares représentent moins de 1% de la population, soit environ 80’000 des 8 millions d’habitants du pays. Les orthodoxes sont largement majoritaires (87%), suivis par les musulmans (9%). La béatification de trois prêtres assomptionnistes bulgares, fusillés le 11 novembre 1952 lors des persécutions contre les catholiques, pourrait fournir un motif de ce voyage de Jean Paul II. Pour Mgr Proykov, en plus du passage obligé à Sofia, la capitale de Bulgarie, où Jean Paul II pourrait bénir la co-cathédrale Saint-Joseph dont la reconstruction est quasiment terminée, le pape pourrait se rendre dans le diocèse de Plovdiv, où se trouve la cathédrale catholique Saint-Louis, ainsi qu’au sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes, situé à une vingtaine de kilomètres de là.

Outre ce voyage en Bulgarie, l’hypothèse d’une visite en Biélorussie est également évoquée au Vatican, pour le programme pontifical de 2002, en plus des Journées mondiales de la jeunesse à Toronto. Un voyage qui semble toutefois beaucoup plus difficile, en raison des relations tendues avec les orthodoxes. Le régime du président Alexandre Loukachenko voudrait en effet faire de l’orthodoxie la religion d’Etat, et ce qui pourrait entraver la vie des autres confessions. (apic/imd/om/mjp)

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