Zwingli incompatible avec des «expérimentations féministes»
Zurich,
(APIC) Dieu continuera à être nommé «le Seigneur» dans la nouvelle traduction de la Bible de Zurich». Le texte du grand réformateur Zwingli ne se prête pas aux expérimentations linguistiques féministes, a décidé le Synode ecclésiastique du canton de Zurich, lors de sa séance de mardi 27 mars. L’assemblée de l’Eglise réformée évangélique des bords de la Limmat a en effet opté pour une traduction des plus littérales du texte de Zwingli. Les propositions féministes ne seront pas pour autant jetées aux orties mais feront l’objet d’une publication séparée
La nouvelle «Bible de Zurich» que l’on nomme aussi «Bible Zwingli» du nom du grand réformateur, Ulrich Zwingli, passe pour être particulièrement fidèle au texte original. L’idée d’en réaliser une nouvelle traduction remonte à 1987. L’ouvrage a été mis sur le métier dix ans plus tard. Les députés de l’Assemblée législative de l’Eglise réformée du canton de Zurich avaient alors élargi le cadre de la traduction qui devait prendre en compte les dernières connaissances de la théologie féministe ainsi que les préoccupations de la lutte contre l’antisémitisme.
La lecture dans la perspective judaïque a ainsi été assurée par le rabbin Hermann Schmelzer, de St-Gall, et le spécialiste des questions juives, le professeur Simon Lauer qui enseigne à l’Institut de recherche judéo-chrétienne à Lucerne. L’examen sous l’angle féministe de la «Bible Zwingli» a été confié à un groupe de théologiennes.
Le vent a tourné au législatif de l’Eglise réformée de Zurich
Pourtant, une tendance contraire s’est fait jour mardi soir, lors de la séance du Synode ecclésiastique zurichois, qui s’est aligné sur la position restrictive de la commission de traduction. La commission de traduction ne partage pas la position des spécialistes féminines. Pour la présidente de la commission préparatoire par exemple, la «Bible de Zurich» ne se prête pas à des «corrections fondamentalement féministes» et ne peut être le lieu «d’expérimentations linguistiques». Les théologiennes demandent notamment que Dieu soit appelé l’»Eternel» ou le «Très haut» plutôt que le «Seigneur» dans la nouvelle version de la Bible.
La traduction qui devrait être achevée en 2004 sera accompagnée de notes où seront expliquées les difficultés que posent la traduction d’un tel texte et l’approche féministe. Le Synode ecclésiastique a débloqué une somme de 20’000 frs pour ce tiré à part. Prise en charge par l’Eglise cantonale réformée-évangélique du canton de Zurich, l’opération de traduction est quant à elle devisée à quatre millions de francs.
Enrayer le déclin de la Bible de Zwingli
L’initiative d’une nouvelle traduction de la Bible Zwingli vise à enrayer le déclin que connaît le texte du grand réformateur. Les versions populaires de cette Bible comme «Gute Nahcricht (Bonne Nouvelle) ont en effet supplanté le texte original. En 1996, 50’000 bibles intégrales en allemand ont été diffusées, soit autant que durant les 20 années précédentes. Dans le même temps, les ventes de la Bible de Zwingli s’effondraient, avec une diminution de 80% du chiffre d’affaire annuel. Le professeur Hans Weder, professeur de Nouveau Testament à l’Université de Zurich souligne que l’évolution linguistique prêche également en faveur d’une révision de la Bible du XVI siècle.
Le Synode zurichois a également visionné un film réalisé par «Corporate Video» et intitulé «Premières questions – ultimes questions» sur l’identité de l’Eglise cantonale. Parmi les personnalités catholiques invitées à l’assemblée se trouvait Mgr Peter Henrici, vicaire général de Zurich. (apic/gs/wm/mjp)
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