Belgique: Abus sexuels dans l’Eglise: le mouvement de PAVES :réagit

«Le péché structurel de l’Eglise n’est plus supportable!»

Bruxelles, 30 mars 2001 (APIC) C’est dans les structures misogynes et dans le profond mépris des femmes qu’il faut chercher les causes principales des abus sexuels dont des religieuses ont été victimes de la part de prêtres, estime le mouvement belge PAVES (Pour un Autre Visage d’Eglise et de Société). Le mouvement demande qu’une réforme structurelle de l’Eglise figure à l’ordre du jour du consistoire des cardinaux convoqué par Jean Paul II pour mai prochain. Dans ce contexte, PAVES dénonce une fois encore l’exclusion des femmes du sacrement de l’ordre.

PAVES rappelle l’article publié par le journal américain «The National Catholic Reporter» – diffusé ensuite sur Internet -, qui a dénoncé «un scandale que le Vatican essaie d’étouffer depuis le milieu des années 1990: des religieuses d’Afrique noire se sont plaintes d’être violées par des prêtres. Il s’agirait de plusieurs centaines de cas avérés, surtout au Malawi et au Burundi».

«Dans le contexte d’une société polygame, affirme PAVES, la règle du célibat semble presque impossible à observer et certains prêtres considèrent que leur vœu les empêche uniquement de se marier mais pas de renoncer à des relations sexuelles, et qu’en plus, il est plus sûr d’avoir des relations avec de jeunes religieuses, pour éviter la contamination du sida !»

Que le porte-parole du Vatican, interrogé par des journalistes, se soit contenté d’une déclaration de 6 lignes, disant que «la situation est connue et limitée à une certaine zone géographique», cela n’étonne pas le mouvement. «En réalité, réagit-il, ces faits se produisent partout dans le Tiers Monde et pas mal de théologiens souhaitent un virage du Vatican en ce qui concerne l’obligation du célibat des prêtres: elle pose problème aussi en Europe, sous d’autres formes, la plupart du temps».

Un «péché structurel» de l’Eglise

En tant que catholiques, hommes et femmes, les membres de PAVES se sentent «profondément concernés et blessés» par les abus sexuels dont des religieuses et d’autres femmes sont victimes par le fait de ministres ordonnés de leur Eglise dans au moins 23 pays du monde entier. Un fait «connu par le Vatican depuis des années», mais «la confirmation officielle des rapports reçus sur le sujet met le doigt dans la plaie douloureuse du péché structurel de l’Eglise».

«C’est dans les structures misogynes et dans le profond mépris des femmes qu’il faut chercher les causes principales des comportements gravement dysfonctionnels de ces ministres, souligne PAVES. L’espace public accordé maintenant à ces faits scandaleux est une nécessité pour briser enfin la résistance contre des corrections urgentes au sein du fonctionnement de l’Eglise catholique, comme l’a récemment montré le débat public sur la pédophilie de certains prêtres en France, en Amérique du Nord et en Australie. Il est donc oiseux de se lamenter sur le fait que le «National Catholic Reporter» ait publié des secrets honteux: la loi du silence ne remédie en rien aux faits délictueux, au contraire !»

Pour une pleine égalité des femmes dans l’Eglise

Le Mouvement International «Nous Sommes Eglise», dont la solidarité va d’abord aux victimes de cette violence, «exige» des responsables au Vatican et des Eglises locales qu’ils prennent les mesures nécessaires pour «une réparation au moins matérielle et financière des préjudices» infligés aux victimes. «C’est une honte, s’insurge-t-il, que des actes semblables aient été commis par ceux qui incarnent aux yeux du monde l’autorité canonique de notre communauté de foi».

Le mouvement exige en outre de tous les cardinaux convoqués en consistoire par le pape, au mois de mai prochain, qu’ils «assument leur pleine responsabilité envers l’Eglise universelle et mettent comme point le plus urgent de l’ordre du jour la réforme structurelle de l’Eglise».

Aux yeux des membres de «Nous sommes Eglise», ce qui s’est passé n’est pas sans rapport avec la situation des femmes dans l’Eglise. Le mouvement revient sur l’une de ses principales revendications: «Les droits humains ne peuvent pas être prêchés au monde de manière crédible sans balayer d’abord devant la porte de l’Eglise, qui ne peut plus refuser aux femmes leur pleine égalité dans l’Eglise. Aussi longtemps que les femmes continueront à être exclues de la dignité du sacrement de l’ordre – les rapports mentionnés en sont une douloureuse illustration – l’Eglise pèche, car elle fournit une justification théologique et canonique à toute discrimination, à toute oppression et à toute violence contre les femmes».

Le Mouvement International «Nous Sommes Eglise» est né à Rome en 1996 de l’union d’initiatives nationales qui promouvaient dans leur pays respectif la campagne de signatures pour la réforme de l’Eglise initiée en Autriche sous le nom de «Kirchenvolks-Begehren» (Requête du peuple de l’Eglise). Avec d’autres forces qui luttent pour le changement, il se propose de «promouvoir un processus conciliaire qui permette à tous/tes les fidèles de participer à l’aggiornamento urgent des structures ecclésiales». (apic/cip/pr)

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